Chapitre IL
ture est possible, praticable et suivie; en dehors de ces limites, le cotonnier n'est plus qu'une plante d'agrément ou de curiosité, qu'on cultive dans les serres, et qui ne peut donner de produits sérieux.
Le cotonnier, en général, n'est pas difficile sur la nature du sol dans lequel on le sème, pourvu que la terre végétale soit assez abondante pour permettre à sa racine pivotante de s'enfoncer librement. Il faut aussi qu'il soit suffisamment arrosé. La trop grande sécheresse, comme un excès d'humidité, ne saurait convenir à cette plante. Les ouragans et cyclones sont à redouter des cultivateurs; ils mettent les racines à nu, et souvent même arrachent les arbustes.
Un propriétaire intelligent ne laissera jamais pénétrer dans son champ de cotonniers, des brebis ou des chèvres, et fera tous ses efforts pour les garantir contre les ravages que peuvent exercer les petits animaux : lapins, mulots, rats, etc.
Le cotonnier s'acconàmode de toute espèce de terrain, depuis les sables de l'Arabie, -jusqu'aux terres marécageuses de la basse Caroline, et aux terrains volcaniques. Nous avons vu, dans l'île de Noukahiva, cette plante végéter vigoureusement, et donner de fort beau coton, dans un sol composé de terre compacte, débris de roches volcaniques.
Atkins cite des terrains, aux environs de Sierra-Leone, où les cotonniers n'avaient que quelques centimètres de terre, et rencontraient ensuite le roc. La racine se modifiait alors, et de pivotante elle devenait rameuse.
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La préiiaration de la terre doit être différente, suivant la nature et l'espèce de cotonnier qu'on se propose de cultiver. Le labour doit être plus profond dans les terres fortes, que dans les terres sablonneuses; un sol marétcageux exige des travaux de drainage, pour éviter un excès d'humidité; mais, avec plus ou moins de travail, on arrive toujours, en année moyenne, à un résultat satisfaisant.
A ce sujet, M. Aubry-Lecomte nous fournit des renseignements généraux sur les soins que les planteurs de la Géorgie et de la Louisiane donnent à ce végétal (i). On recommande le système de rotation ,v pour réussir dans la production du coton : jachère, culture du cotonnier, culture d'autres végétaux," cannes, manioc, patates, etc., en alternant. Au Sénégal, le cotonnier commence à rapporter cinq ou six mois après avoir été semé.
Le cotonnier n'a pas besoin d'une terre riche en humus; cependant, les produits seraient moins abondants, si Ton faisait une plantation sur un sol déjà appauvri par la culture de cette plante ou d'autres végétaux. Un engrais salé, tel que la tangue, la vase de l'embouchure des rivières, le dragage des canaux voisins de la mer, un engrais provenant de la décomposition de matières animales et végétales, sont employés, avantageusement. La proportion doit être modérée, autrement
(1) Revue coloniale, 1863, p. lOi