Chapitre IL
de Toulon, en 1807, tentèrent la culture de celte plante : on essaya le cotonnier velu, le glabre, l'arborescent, l'herbacé. Cette dernière espèce, plus rustique que les autres, résista un peu mieux, mais ne tint pas cependant devant la basse température de l'hiver et peut-être la nature du sol. Il fallut renoncer de faire produire à la France ce végétal spécial aux zones plus favorisées du soleil.
On pourrait peut-être cultiver en grand le cotonnier herbacé, en Corse et en Sardaigne; des essais faits, en 4867 et 1868, tendraient à le prouver, mais ils n'ont donné lieu à aucun résultat commercial, et jusqu'à ce jour, le cotonnier reste dans ces deux îles comme plante d'agrément, ne pouvant donaer un produit rémunérateur.
Il n'en est pas de même du midi de l'Espagne, de l'Italie, de la Macédoine et de la Grèce. En Espagne, le cotonnier pourrait être cultivé comme plante de rapport; les essais tentés à Motril, aux environs de Grenade, et à Iviza, prouvent que l'Espagne apporterait sans peine son contingent à la consommation, mais les vignes et les céféales donnent dans ce pays un produit plus assuré, et les agriculteurs n'ont pas à hésiter.
En Italie, les colons qui proviennent de Castellamare, de la Fouille et de la Sicile, ont une valeur commerciale qui les classe comme supérieurs à ceux de la Louisiane. Un savant agronome, que nous avons déjà cité, M. J.-E. Balsamo, cultive le cotonnier dans la province d'Otrante, l'une des plus méridionales de l'Italie. C'est principale-
ment le G. hirsutum qu'il préfère à l'herbacé, pour ses qualités textiles, bien qu'il n'ait pas à beaucoup près la longueur, la finesse, la souplesse et le brillant du G. barbademe (Sea-Island).
Pendant la guerre de sécession, M. Balsamo a expérimenté beaucoup de variétés de cotonniers d'Amérique, spécialement du Sea-Island, du cotonnier delà Nouvelle- Orléans et de celui de la Louisiane. Les deux dernières ont prospéré. Le Sea-Island n'a pas réussi, étant trop tardif. M. Balsamo a ensuite eu l'idée de marier les deux types à longue et à courte soie, et il a obtenu un résultat qui montre que la couleur, la souplesse, l'élasticité et la longueur de la soie, la nudité des graines et la forme des feuilles, rattachent ces hybrides aux deux types qui les ont produits. / -,
Si cet essai, continué pendant quelques années réussit, M. Balsamo aura amélioré, pour le climat du sud de l'Italie, l'espèce cotonnière, et il aura obtenu une variété de cotonnier qui réunit, aux qualités du Sea- Island, la précocité et la rusticité du G. hérissé. Il aura rendu un véritable service à l'agronomie italienue (*).
Les cotons de Malte sont préférés à ceux du Sënégal. Le coton de la Grèce est blanc, droit, ouvert et généralement propre, mais la soie en est grosse et dure, aussi ce coton n'est-il employé que pour la confection des toiles et tissus grossiers. C'est ordinairement le
(1) Comptes rendus, 1867, 2-65, p 763.