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Chapitre II

Espèces cultivées en Afrique : Egypte, Soudan, Abyssinie, Madagascar., Mayotte, Comores, Terre de Natal, Bourbon, Angola, Gabon, Mandingues, Sénégal, Algérie. ,

Dans toute l'Afrique, depuis l'Algérie jusqu'au cap de Bonne-Espérance, le climat permettrait la culture du cotonnier; mais, sauf en Egypte, où cette plante fait l'objet d'un coinmerce important, elle est à peu près délaissée, du moins en tant que produit destiné à l'exportation. 11 faut faire exception de notre colonie algérienne et d'un territoire du Sénégal, le Boudou, dont il sera parlé plus loin.

Dans la régence de Tunis, le cotonnier n'est cultivé que pour l'usage des habitants du pays. Il n'est point fait d'exportation soit de la matière première, soit d'étoffes confectionnées, qui ne sauraient, à coup sûr, être mises en parallèle avec les tissus produits par la France et les autres pays de l'Europe qui s'adonnent à ce genre d'industrie.

Nous avons dit que le cotonnier était cultivé en Egypte avec succès W, et formait une branche de commerce importante. C'est principalement l'espèce commerciale, dite Sea-Islandj appelée gallin dans ce pays, qui couvre des. champs immenses. Le sol est facilement

(1) L'Egypte a fourni, en 1870, 63 millions de kilogrammes contre 5 millions en 1833 (de Marisy).

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arrosé en Egypte, dans le voisinage du Nil, et aide beaucoup à cette culture. Le coton qui en provient est fort estimé, et occupe le troisième rang dans l'échelle des valeurs, n'étant primé que par les cotons dé Géorgie et de Bourbon. Le upland-colton, ou coton courte soie (mako), qui est une variété du Goss, arboreum, est aussi très commun en Egypte. Je ne parle pas des classifications secondaires des indigènes, coton blanc, ashmouni, beledi Ces divisions sont purement commerciales.

Pour cultiver le cotonnier, deux systèmes dominent en Egypte : le système Baali, qui laisse.au Nil le soin d'arroser les plantations; point d'arrosages artificiels, de norias dispendieux, de canaux de conduite; c'est le système qu'emploient les petits cultivateurs, voisins du fleuve, et les pauvres fellahs, qui n^nt pas assez de ressources pour faire l'avance des fonds nécessaires pour un arrosage artificiel.

Le plant, dans ce système, peut durer deux ans; mais le coton obtenu est moins beau, moins soyeux, inférieur, en un mot, au coton obtenu au moyen de la culture qu'on appelle Misgawi, laquelle consiste à arroser artificiellement la plantation, toutes les fois que le besoin s'en fait sentir. Le coton qu'on récolte, en suivant ce système, est préférable au précédent; mais le plant ne dure guère qu'une année , et il est bon de ne planter des cotonniers, dans le même terrain, qu'au bout de cinq ou six années.

Le prix moyen du coton est d'environ fr. 65 la livre, prix très bas, et en raison duquel les cultivateui^s égyp-

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