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Chapitre IL

tiens examiaent. en ce moment, la question de savoir si la culture exclusive du coton doit être maintenue dans certaines localités. Il dépend du Khédive de maintenir, en Egypte, cette source de richesses pour ses sujets.

Outre ce prix peu rémunérateur, les planteurs égyptiens mettent encore en avant une autre raison qui les engagerait à cesser de cultiver le coton , c'est la dégénérescence de la graine qui, au bout de deux ans, et môme quelquefois d'un an, se couvre de petits points veixlâtres, et d'une végétation microscopique , qui altère les facultés germinatrices, et là qualité oléagineuse de la semence.

Les courtiers de Liverpool, experts en cette matière, classent le Sea-Island d'Egypte première récolte, le gallin^ immédiatement après celui des États-Unis; mais les récoltes suivantes sont classées comme inférieures. On emploie le coton de cette provenance, pour les filés moyens et ordinaires.

A l'Exposition de 1878, l'Egypte n'a pas présenté moins de 56 espèces ou variétés de coton. C'est ce pays qui a fourni la plus large part, dans cette branche d'industrie (1). On a pu y remarquer, entr'autres, le coton bamiehj avec ses variétés. Nous allons en parler, après avoir dit quelques mots du coton Jumel, dont le nom est connu de tous les filateurs et fabricants.

(1) On avait présenté à l'Exposition le registre de classification des colons égyptiens sur le mirché de Liverpool, de 1869 à 1875. 11 a été facile de constater le soin avec lequel est annotée la qualité des envois effectués.

106 Le Colon.

Ce coton a son histoire. Un Français, M. Jumel, se promenant un jour dans le jardin d'un Turc 5* au Caire, il y a cinquante ans environ, remarqua la belle floraison d'un certain cotonnier, Gossyp. arboreunij var. Il en sema des graines, propagea l'espèce, et obtint ce beau coton que le commerce recherche, sous lé nom de coton Jumelj pour la beauté de sa soie et sa teinte, qui se rapproche de celle du colon nankin. On l'emploie pour lé filage des numéros fins et très fins. Il est à regretter que les soins agronomiques qu'on donne à cette plante, soient moins grands chaque année; le résultat inévitable sera la dépréciation du produit.

D'après M. Heuzé {Les Plantes industrielles) y le Géorgie ne serait pas une autre espèce que le coton Jumelé importé, en 1805, des Indes orientales, et que les botanistes désignent sous le nom de Gossypium vitifolium^ mais alors la couleur et la soie se seraient modifiée^ dans le nouveau continent. D'après Walpers, ce serait une variété du G. marilimum, Tod., Barbadense, L.

On cite encore d'Egypte, le coton bamia on bamieh, découvert, en 1873, par un Copte, dans la partie supérieure du Delta, dans un lieu appelé Basket-el-Sab (le Puits-du-Lion), station du chemin de fer du Caire, province de Menouf (0.

(1) Journal officiel du 19 février 1877. Ce mot bamieh donné à ce coton vient de la ressemblance de l'arbuste avec Yhibiscus esmlentus , en arabe bamieh.

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