‹ Le cotonChapitre 51 sur 245 · Chapitre IL · texte numérisé non relu

Chapitre IL

M. Delcbevalerie, du Caire, a présenté au Congrès international de la botanique, à Amsterdam, séance du 14 avril 1878, un arbrisseau produisant un coton de /belle qualité et abondant. C'était le colon bamia; il est regardé, en Egypte, comme un hybride de V Hibiscus esculentuSj et du Gossypium vitifolium. Mais il est difficile d'admettre cette hybridation, fort rare,' comme on sait, entre genres différents. On serait plutôt porté à admettre une nouvelle variété du G. vitifolium. Telle est l'opinion de la plupart des botanistes présents à cette séance. ^

Cet arbuste, exposé à Paris, en 1878, est de taille élevée, à rameaux divariqués; le feuillage est rare, les capsules grosses et abondamment fournies; mais on ne peut guère donner une diagnose complète sur un échantillon choisi entre un grand nombre de pieds, et en vue seulement de la question industrielle. Il faut attendre qu'un botaniste se dévoue et porte la clarté dans cette multitude d'espèces, qui seront probablement réduites à un nombre bien moins grand.

Le Copte qui l'a fait connaître avait remarqué, dans un champ de cotonniers , où croissaient quelques hibiscus ^ un plant dont le port était un peu différent des autres. Il eut l'idée d'en recueillir la graine, il en sema pendant trois ans, et obtint des résultats excellents. Cette espèce ou variété s'est alors propagée; on la cultive maintenant, sur une grande échelle, non seulement pour la bourre soyeuse qu'elle produit, mais encore pour ses graines, qu'on emploie utilement. On dit

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qu'elle doQne un rendement de 25 â 30 "/<> par an. Quelques Arabes prétendent qu'elle a été apportée du Soudan ou de l'Afrique équatoriale.

Le consul anglais du Caire a envoyé , au jardin de Kew, des échantillons de cette plante, avec des graines. Il faut attendre le résultat de l'étude dont elle sera né- ' cessairement le sujet.

Le vice- roi d'Egypte, entrant dans la voie du progrès, et voulant favoriser, dans son pays, la culture du ' cotonnier, accorde de grandes immunités aux planteurs de ce végétal. Il a commandé, en 1864, de nombreuses chart*ues du système Powler, au moyen desquelles le labour est plus rapide, moins pénible pour les travailleurs, et, en somme, plus productif.

(( Le Soudan donne un très beau coton. Les habi- «: tants, dit Largeau (0, que j'interrogeai à ce sujet, « me dirent qu'ils (les cotonniers) leur donnent en «abondance un coton très fin, qu'à la première <L vue il est facile de prendre pour de la soie, et « à l'appui, ils me montrèrent des haïks tissés par « leurs femmes, où le coton se mêle agréablement à la « laine de leurs troupeaux. Si celte culture était en- « couragée, assuraient-ils, on pourrait peupler de co- « tonniers les deux grandes vallées de l'Oued- Rihr et « de l'Oued-Miya, depuis El-Mrhayer jusqu'au Tide- « kelt; mais comme il n'y a point encore de débouchés

(1) Le pays de Rirha, Ouargîa, Voyage à Rhadamès.

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