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Chapitre II

Son produit est utilisé par les habitants, mais l'arbuste n'est pas cultivé en vue d'exportation.

L'intrépide voyageur Livingstone a constaté de nombreuses cultures de cotonniers de l'espèce de Fernambouc (?), dans rOufipa, vaste district vers le 7® degré de latitude australe, contrée très peu connue; il signale les pays qui avoisinnent le Nyanza comme admirablenxent propres à la culture en grand du cotonnier W,

Notre colonie de Bourbon livre au commerce du coton longue soie {G. barbadensé), qui n'a de supérieur, en qualité et en finesse, que celui de Géorgie, cultivé. Sous l'administration de M. de la Bourdonnays, en 1738, cette espèce donna d'excellents résultats, vers la fin du siècle dernier; mais elle fut négligée pendant les guerres de l'Empire. En 1822, M. Leschenault de La Tour, naturaliste, et Bréon, directeur du Jardin des Plantes, avaient tenté l'amélioration des cotonniers, en les greffant sur les grandes espèces de Malvacées; ils pensaient que les espèces cultivées avaient dégénéré, par suite de défaut de précaution dans le choix des semences. Les genres voisins du gossypium, choisis par ces savants, îment Y hibiscus (populneus), le guazuma, et d'autres encore. Ces greffes donnèrent de bons résultats, surtout celles faites sur le guazuma, et l'on espérait, par ce moyen , perpétuer les bonnes espèces, les améliorer encore, repousser les insectes, et

(1) L'année scientifique, 1863.

avoir des tissus encore plus solides que ceux qu'on obtenait avec les cotons connus.

Mais la théorie a son côté pratique; ce système de greffe , susceptible d'être employé quand on n'a à opérer que sur .un petit nombre de pieds, ne peut être tenté avec succès dans une culture sur une grande échelle, pour plusieurs raisons : d'abord, pour greffer, il faut avoir des sujets, et l'élevage des guazuma et hibiscus ne se fait pas du jour au lendemain; ensuite ce travail exige une main-d'œuvre considérable, et le résultat obtenu ne compense ni la perte du temps, ni l'occupation du terrain par des végétaux qui ne rapportent rien.

Cette idée des savants agronomes a donc été écartée, et l'on est revenu à la culture ordinaire des cotonniers, dont les produits font plus que balancer les dépenses, quand l'année n'est pas trop sèche. Cependant, il faut constater que la production du sol en coton n'a fait que baisser depuis 1815, époque delà reprise de possession. Actuellement on remplace cette culture (t) par celle de la canne à sucre.

D'après un auteur portuguais, qui écrivait en 1800, le royaume d'Angola, dans la Guinée méridionale, serait très favorable à la culture du cotonnier, et pourrait, dit cet auteur, être converti en un champ de coton. A Mossamédés, dans le gouvernement de Saint-Paul-de-

(1) Voir une Note, sur le coton de l'île de Bourbon, par M. Patu de Rosemont , insérée dans le Bulletin de la Société d'acclimatation de la Réunion, janvier 1863.

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