Chapitre IL
Loanda, on peut voir, dans la partie nord de la baie, de belles plantations de cotonniers. Quelques fabriques même se sont établies dans cette localité, elles sont pourvues de machines de provenance anglaise.
Nous avons séjQurné pendant quelque temps dans cette partie de la côte occidentale d'Afrique, et nous pensons que l'appréciation de l'auteur précité est fondée. Seulement, il faudrait une direction intelligente, des bras pour défricher le sol , des soins convenables aux arbustes. Les nègres sont trop paresseux pour agir par eux-mêmes. Ce sera toujours la pierre d'achoppement dans les pays chauds.
Le docteur Tams , médecin allemand , visitait ce pays vers 1840. 11 constate que partout où le sol n'est pas trop marécageux, le plus beau coton prospère sans culture ; il paraît donner des fils plus longs et par conséquent plus estimés que le cotonnier du Brésil. Les quelques femmes que le voyageur a vues occupées à filer, se servaient d'une légère quenouille, sur laquelle le coton était enroulé avec les doigts. A un bout était fixée une petite pierre ou un morceau de bois, pour que le fuseau tournât plus aisément. Cette méthode , qui ressemble beaucoup à l'ancien système allemand et qu'on suit encore en Russie, est extrêmement simple; une négresse habile peut facilement s'occuper de son fuseau, même en marchant W.
(1) Ann. mar.y 1847, 3' vol, p. 7.
Sur les côtes de la Guinée, au Gabon, dans les îles qui surgissent non loin des côtes, Fernando-Pô, île du Prince, AnnoboYi , le cotonnier se trouve à l'état sauvage (G. religiosum^ G, barhadense, v. p.), les naturels lissent la bourre et en font des pagnes dont quelques-unes sont d'une solidité et d'une durée remarquables ; les autres ont un tissu plus lâche, c'est presque de Tétamine. Le métier dont ils se servent ne leur permet pas de faire des bandes de plus de 20 à 25 centimètres de laize. On en réunit plusieurs et l'on a une enveloppe de 1 mètre à 1 mètre 25 de large, sur 1 mèlre 50 de long.
Ces pagnes sont généralement bigarrées de dessins peu réguliers, rouges, bleus. Les naturels emploient pour leur teinture des sucs végétaux dont les couleurs sont assez solides pour ne pas disparaître, même après de fréquents lavages. Le Gabon a exposé, en 1878, un échantillon de coton courte soie très fort, avec le fuseau et le fil résultant du travail.
A Assinie, Grand-Bassam et Dabou, sur la Côte-d'Or, on confectionne des pagnes de coton rayé et uni , dont les plus belles sont réservées pour servir de linceuls, ce qui n'empêche pas les naturels de troquer les produits du sol contre des indiennes et des madapolams.
A l'époque où le voyageur Brue visitait la Sénégambie (fin du XVIP siècle et commencement du XVIII*), les femmes desPapels, à Bissao, avaient pour habillement une pagne de coton fabriquée dans le pays. Les Mandingues s'habillaient et s'habillent encore avec des étoffes de coton blanc tissées dans le pays, et que les
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