Chapitre IL
femmes lavent de temps en temps. Ce sont elles aussi qui sont chargées de le récolter et de le filer. Aux environs de Sierra-Leone, les nègres cultivent avec soin le cotonnier qu'ils appellent Innoumma, et en font d'assez bon fil et des étoffes, "
Au commencement du siècle, le gouvernement français ne négligea rien pour développer au Sénégal la culture du cotonnier; des primes allant de 1,000 à 2,000 francs furent promises aux colons qui répondraient au programme présenté. De nombreuses plantations furent faites. On évaluait à plus d'un million le nombre de cotonniers plantés et conservés eh bon état, à la fin de 1822. De nouvelles concessions étaient demandées, et les défrichements avaient lieu sur plusieurs points. Malheureusement les résultats n'ont point justifié les espérances; le défaut de moyens d'irrigation, plusieurs années consécutives de sécheresse, la difficulté de donner des soins constants à ces arbustes, sous un soleil toujours brûlant, ont été les principales causes de ce peu de succès. La culture du cotonnier a été à peu près abandonnée, et le Sénégal n'exporte qu'une faible quantité de coton courte soie, que l'on classe comme valeur commerciale après le Géorgie courte soie. Le cotonnier est cependant cultivé par les habitants du Cayor, duWallo, du Foutah, et surtout au Bondou. Le comité de Saint-Louis et d'autres industriels ont exposé, en 1878, différents cotons dont l'aspect satisfaisant prouve tout ce qu'on pourrait obtenir du Sénégal, si la culture de cette plante y était plus soignée.
H6 Le Coton.
Dans rancien jardin de Richard ToU (la Taouey), on cultivait, en 1827, diverses espèces de cotonniers, surtout les G. herbaceum et hirsutum, et leurs variétés ainsi désignées commercialement :
Cotonnier de Malte,
— à feuilles velues,
— de Géorgie,
— de la Louisiane,
— deCayenne,
— delà Guadeloupe,
— de Dacca ,
— jaune d'Egypte,
— moko (Sénégal) ,
— de Naples.
Par mesure de prudence (on était en guerre avec les Maures Trarzas), et pour faciliter la défense du poste, on détruisit, en 1840, toutes ces plantations.
M. Azan, capitaine d'infanterie de marine, s'est beaucoup occupé, pendant son séjour au Sénégal (1861, 1862), de développer la culture du cotonnier. Afin d'engager les indigènes à planter des cotonniers, il avait promis un bon fusil à deux coups au chef du village qui, dans chaque province ferait vendre la plus grande quantité de coton.
Il fit expédier en f^rance des échantillons de ses récoltes, c(ui furent classés comme suit :
N» 1. Coton brut, tel que les noirs le récoltent pour eux;