Chapitre IL
N^» 2. Coton brut, tel que les cultivateurs l'ont vendu;
N<> 3. Coton égrené;
N» 4>. Coton brut et passé à la main.
D'après M. Azan, il est bien prouvé que le coton du Sénégal est de qualité marchande, notamment le Dargon; que les cotons longue soie et courte soie d'autres pays peuvent s'y acclimater eti prenant quelques précautions; que les indigènes s'adonneront à la culture cotonnière quand on le voudra W.
Ce qui est à redouter pour la culture du coton au Sénégal, c'est la dégénérescence des bonnes espèces, à cause de la sécheresse.
Le cotonnier sauvage est très commun au Sénégal; on le rencontre de préférence dans les cantons élevés , ce qui le met à l'abri des inondations. Le coton qu'il fournit est presque sans valeur pour le commerce européen. Le vent du désert emporte souvent au loin les soies des coques, quand la cueillette n'a pas été faite à temps.
Les femmes sont principalement occupées à ce service et à l'enlèvement des graines, travail qu'elles font
(1) Voir la notice de cet officier, insérée dans la Bévue coloniale, 1863. Voici aussi : Colonies françaises , Sénégal et dépendances, Revue coloniale, août 1863. Voir encore le rapport adressé au gouverneur du Sénégal par M. Simon, chargé des plantations au Sénégal, sur les cultures essayées à la pépinière^ de naturalisation de la Taouey, près de Saint-Louis, et dans le jardin des postes, pendant l'année 1857.
avec les mains. Pour teindre le coton en bleu, on se sert de l'indigotier, qui croît ausssi naturellement dans le Sénégal. Les pagnes qui sont confectionnées, et qu^on connaît à Bakel et à Saint-Louis sous le noin de pagnessorj servent de monnaie d'échange. Ces tissus donnent lieu à un mouvement industriel considérable. '
Le comité de Saint-Louis a envoyé à l'Exposition de 1878 une collection complète de tissus indigènes fabriqués au petit métier, dont nous parlerons plus loin.
Le cotonnier croît dans les îles du Cap-Vert. A l'époque où le capitaine Roberts visitait cet archipel, vers le commencement du siècle dernier, il n'était pas utilisé, et, malgré son abondance, il avait peu de valeur. « Si c( j'avais eu, dit ce voyageur, quelques grains de verre a ou d'autres bagatelles, j'aurais acquis tout le coton « de l'île. » Les habitants en connaissent mieux l'emploi maintenant : ils en font des étoffes et des matelas, mais ils n'ont pas encore cultivé l'arbuste dans un but d'exportation de son produit.
Il nous reste à parler de l'Algérie, et à ce sujet il peut être intéressant de savoir qu'elles furent les premières tentatives faites dans notre nouvelle colonie, pour la culture du cotonnier. Lorsqu'on n'eut plus à redouter comme auparavant les ravages des Arabes, M. Hardy, jardinier en chef, fit les premiers essais dans les jardins du Hamma, aux environs d'Alger. Les produits furent adressés au ministre de la guerre , et soumis à M. Pelouze père; ce savant chimiste rédigea à ce sujet un mémoire, qui fut présenté à l'Académie