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Chapitre IL

des sciences. Une commission, dont le savant M. de Hirbel était rapporteur, confirma en tous points les assertions de M. Hardy. « Passons à la culture du € cotonnier, dit cette commission ; elle est peu dispen- « dieuse , et assure des bénéfices immédiats et avanta- € geux ; il est également certain qu'elle n'exige pas une c température supérieure à celle de l'Algérie. En effet, € le climat de beaucoup de points de nos c6tes et des « îles de la Méditerrannée, où l'on cullive le coton, est « moins chaud que celui de notre colonie.

« Quant à la nature du sol, on pourrait s'imaginer, * d'après ce que rapportent les voyageurs , que le coton- « nier y est tout à fait indifférent. Il est de fait qu'il « prospère en Egypte , dans la terre franche ; en Syrie, € dans la terre argileuse ; en Arabie, dans la terre sa- € blonneuse; aux Indes, en Afrique, sur quelques € points des Antilles, sur des montagnes rocheuses. Des « terrains silico-calcaires produisent, en Géorgie et en € Caroline, des cotons de qualité supérieure »

Pour encourager cette culture, on accorda des primes (décret du 16 octobre 1853); en 1858, un prix de 20,000 fr. fut alloué à M. Colonna pour ses cultures de cotonniers dans l'Habra. Il avait obtenu un rendement de 1,000 à 1,200 kilog. par hectare; le longue soie, qu'il cultivait de préférence, réussissait fort bien sous sa savante direction. Mais quelque avantageuses que fassent ces récompenses, elles ne pouvaient permettre aux colons algéri^s d'entrer en concurrence avec les producteurs américains. La guerre de sécession, l'abroga-

lion du décret de 1853 et les encouragements accordés par l'État pour le perfectionnement de l'outillage, permettraient maintenant la lutte avec le Nouveau-Monde. En 1862, on comptait 22 exposants de l'Algérie à l'exposition universelle de Londres.

Pour que le résultat si désiré penche en faveur de l'Algérie, il faut que les plantations soient assurées d'une irrigation régulière , sans laquelle toute culture est impossible, et c'est ce qui, jusqu'à présent, a fait défaut à notre colonie. Cette culture n'est point cependant une innovation dans ce .pays. A Constantine, le coton formait jadis une des branches de la richesse agricole (i). Sedjelméssâ (Ebn-Haukdt) , ville très importante au moyen âge, située sur l'Oued-Zîs, où s'arrêtaient les caravanes qui ne voulaient pas pénétrer dans le Soudan , est citée comme faisant un grand commerce de coton (2). Il suffira donc d'employer les meilleurs moyens de culture pour renouveler cet état de prospérité, que des causes multiples ont fait disparaître peu à peu, si les conditions climatériques sont les mêmes qu'autrefois.

M. Hardy a cultivé, dans les jardins d'acclimatation du Hamma , les espèces et variétés de coton ci-après :

Coton Dean Tenas.

— pur Mexicain.

(1) De la Primaudaie, Le Commerce et la Navigation de l'Algérie avant la conquête française, p. 274-286.

(2) Léon l'Africain, t. VTI.

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