‹ Le cotonChapitre 6 sur 245 · Chapitre · texte numérisé non relu

Chapitre

William Vincent, auteur du Voyage de Néarque, rédigé sur lé texte conservé par Arrien, se livre à une savante dissertation sur la question de savoir si Strabon, en se servant du mot ç^p'.xa, et Virgile {Géorgiques, livre II, infrà) du mot seres, ont voulu parler du coton. Il reconnaît, du reste, qu'il y a toujours erreur ou confusion quand on parle de la sérique, par allusion au coton, et que serica fut toujours le nom de la soie.

Les expéditions d'Alexandre en Asie firent connaître aux Occidentaux le cotonnier,, les étoffes et le papier, dont il fournissait la matière 0), car, longtemps avant l'ère chrétienne, l'Inde, jusque sur les côtes du Malabar> en faisait un grand commerce et en expédiait en Occident par le golfe Persique et la mer Rouge. Quelques étymologistes ont môme cru trouver l'origine du mot coton, en arabe q'hoUon, dans Cottonara, aujourd'hui Canara, sur la côte du Malabar, d'où se faisaient les exportations. D'après M. Lassen (2), les étoffes persanes ou babyloniennes venaient du Sindh et ne pouvaient être que le coton.

Virgile parle, avons-nous dit, d'un produit textile qu'on recueille sur certains arbres. Il est évident qu'il n'y a pas d'hésitation possible, après avoir lu les deux vers (Géorg., 120, 121, lib. II).

(1) "Humboldt ,- Cosmos , ii , 186.

(2) Indische aller tumshinàe. Voir aussi : Essai sur l'Histoire du commerce aux Indes orientales, par M. Barbie du Bocage, sec.-adj. de la Soc. de Géographie de Paris, Revue maritime ^ 1864.

Quid neraora iîlthiœpum molli -canentia lanâ? Vellera que ut foliis depectant tenuia seres?

a Que dirai-je de cçs arbres d'Egypte qu'une douce (( laine fait paraître blancs, ou de ces légères toisons « que les sères recueillent sur les arbres? » Il est évident que le premier vers indique le cotonnier, et le ' second, l'arbre ou arbuste, sur lequel le ver à soie file son cocon.

Au temps de la splendeur de Rome et d'Athènes, les étoffes de soie et de coton étaient très précieuses, vu la difficulté de les faire arriver jusqu'en Grèce et en Italie. Pline, le naturaliste, dans sa vaste Encyclopédie^ ne pouvait manquer d'en parler. Il s'exprime ainsi, en parlant du cotonnier : a Superior pars ^gyptae, in Arace biam vergens, gignit fruticem quem aliqui Gossipion \ vocant, plures xylon, et ideo lina indè fada, xylinai^), a Parvus est, similem quebarbatas nucis defert fructum, « cujus ex interlore bombyce lanugô netur. Nec ulla a sunt eis candore mollitiave praeferenda, vestes indé « sacerdotibus ^Egypti gratissimae. — Dansja partie supé- « rieure de l'Egypte, vers l'Arabie, pousse un arbuste « que l'on appelle Gossipion, On lui donne aussi le nom « de xylon, d'où vient le nom de xylina aux étoffes « qu'on fait avec. Cet arbrisseau est petit, il porte un (L fruit qui ressemble à une noix barbue, et dans l'inté-

(1) Le mot gossypium indique de préférence Tai'bre , xylon ou xylina , l'étoffe.

Page 1