Chapitre IL
mois. On recueille pourtant du coton pour la consommation intérieure.
En Californie , le cotonnier végète avec vigueur dans la partie située entre la Sierra-Nevada et l'Océan Pacifique, mais on ne le cultive pas en assez grande quantité pour qu'on puisse l'exporter. Du reste, la situation géographique de la Californie, par rapport à la France et à l'Angleterre , pays de consommation , sera toujours un obstacle au développement de cette culture , à cause de la distance considérable qui sépare, par mer, ces différents pays. Le percement de l'isthme de Panama pourrait modifier un peu la situation , mais nul travail humain n'est capable de rendre la Californie aussi voisine de l'Europe que le sont les États-Unis.
Les républiques de Guatemala, Honduras, Nicaragua, Costa-Rica, exportent de beaux cotons, qui ne sont pas inférieurs à ceux de la Géorgie, pour le soyeux et la finesse. La culture du cotonnier paraît prendre dans ces contrées un plus grand développement chaque année, mais la condition indispensable pour que cette culture soit productive, c'est l'absence de dissensions politiques, malheureusement trop fréquentes dans ces petites républiques. Le travail des champs est d'ailleurs peu en honneur dans ces pays, où cependant le sol et la température se prêteraient si bien à la culture de notre textile.
Quoique produisant de beau coton, les grandes et petites Antilles ne fournissent pas au commerce des quantités en rapport avec le terrain que les colons pour-
raient employer à ce genre de culture. A Cuba , le cotonnier était cultivé dès le XV® siècle. Raynal, dans son Histoire philosophique des deux Indes, ^ donne les détails ci-après sur cette plante : « C'est en mars, avril « et dans les premiers jours du printemps que com- « mence la culture du coton. On fait des trous de sept « à huit pieds de d stance les uns des autres , et on y a jette un nombre indéterminé de graines. Lorsqu'elles « sont levées à la hauteur de cinq à six pouces , toutes « les tiges sont arrachées, à l'exception de deux ou trois (( des plus vigoureuses;, celles-ci sont ététées deux fois « à la fin d'août. Cette précaution est d'autant plus né- « cessaire, qu'il tfy a que le bois poussé après la derc( nière taille qui porte du fruit, et que, si on laissait « monter l'arbuste au-dessus de quatre pieds, la récolte « serait moins aisée, sans être plus abondante. » Le coton de Cuba tient le milieu entre ceux de la Guadeloupe et de la Martinique 0),
Le G. harbadense, que l'on trouve dans les îles Lucayes ou de Bahama, présente deux variétés; l'une d'elles, désignée sous le nom de Sea-Island, fut transportée en 4785 aux Etats-Unis, où elle a prospéré d'une manière remarquable. D'autres disent qu'elle vient de la Guadeloupe.
Lors de la découverte de l'Amérique, Christophe
(1) Voir le Manuel de la culture du coton aux Antilles, par L. de Thoré, planteur de la Martinique. Paris, Seringe et Poitevin.