‹ Le cotonChapitre 63 sur 245 · Chapitre · texte numérisé non relu

Chapitre

Colomb aborda à l'île Haïti ou Saint-Domingue ; jl trouva les femmes vêtues d'une sorte de jupe de coton qui ne dépassait pas le genou, ce qui prouve que le produit du cotonnier était utilisé par les naturels. En. 1733, il était déjà cultivé, et, en 1785, la France rrfçut de sa colonie 26,192,000 livres de coton, pour le prix de 6,723,000 livres. Cette île comptait alors 14,000,000 de pieds de cotonniers. Suivant le botaniste Tussac, on cultivait à Saint-Domingue, mais pas avant le XV!!® siècle, quatre espèces de cotonniers : le cotonnier marron (qui n'est que le G. hirsutum), le G. lapideum, Tuss., cotonnier pierre, le cotonnier de Cayenne, et le G. Siamense.

Une notice sur la Guadeloupe, insérée dans Ta Revtie coloniale d'octobre 1864, donne l'article suivant sur le coton : « Les Antilles peuvent être considérées comme « la terre natale du coton longue soie. Christophe Co- « lomb, en 1493, fit de ce produit la base des tributs « imposés aux Caraïbes; le coton des communes du (( François, du Bailli et des Vieux-Habitants, à la Gua- « deloupe, et partout celui de ses dépendances, Dési- ^ rade, Saintes et Marie-Galante, eurent pendant long- « temps une grande vogue sur les marchés européens. « L'accroissement de sa culture fut tel, qu'en 1789, il tst existait 8,878 hectares plantés en coton.

« Les guerres du premier Empire , l'inintelligence de (( quelques planteurs qui favorisèrent la dégénérescence «t des belles espèces, en introduisant des variétés grosce sières comme plus productives, enfin l'envahissement

a progressif de la canne à sucre, firent décroître rapi- « dément ce chiffre. Pendant ce temps, quelques émi- « grants de Bahama emportaient des semences de la <i Guadeloupe dans la Caroline du Sud, où cette culture « ne tarda pas à prendre de vastes proportions; telle « est l'origine du fameux colon longue soie, dit Seaa Island, ')

En 1803, l'exportation du coton de la Guadeloupe s'élevait à 700,000 kilog. Actuellement, la culture est en trop petite quantité pour la qualité. On a pu voir, à l'Exposition de 1878, quelques échantillons du coton de cette île, en gousse, brut, égrené. Il venait du Gourbeyre et de Marie-Galante, île voisine.

Pour que le cotonnier donne de bons résultats, il faut surtout que les mois de mars et d'avril, temps où l'on fait la récolte, soient bien secs, «fin que le coton ne soit pas taché ou rougi. La culture a peu varié depuis de longues années. Pour renouveler cet arbrisseau, on le recèpe tous les deux ou trois ans jusqu'à la racine, qui produit plusieurs rejetons... L'ouverture du fruit indique sa maturité et le beau temps propre à la récolte. Lorsqu'elle est faite, il faut séparer la graine du coton qui la recouvre. Cette opération s'exécute au moyen du moulin à coton. Nous parlerons plus loin de cette machine toute primitive, mais qui a de la peine à disparaître, comme les anciennes batteries pour le sucre, décrites par le P. Labat, et qui existent encore dans beaucoup de localités.

Le Venezuela, dans l'Amérique du Sud, fournit rela-

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