Chapitre lï
tivement peu de coton au commerce. Celui qui vient aux environs de Caracas a la teinte jaunâtre du coton nankin. Le blanchiment la lui enlève. Le territoire montagneux de la Nouvelle-Grenade , comme le précédent, offre de grandes surfaces de terrain susceptible de la culture du cotonnier; aussi, en voit-on de nombreuses plantations. A Quito, capitale de la République de l'Equateur, on fabrique beaucoup de tissus de coton, qui sont expédiés dans les pays environnants après avoir été teints en bleu. Cette partie de l'Amérique du Sud, arrosée par les affluents multiples du fleuve des Amazones, qui prend sa source dans les Andes, est très propice à ce genre de culture.
Il en est de même du sol de la Guyane, bien que la constitution géologique soit différente. Ce sol, surtout dans le voisinage des côtés, est formé de terrains desséchés et encore imprégnés du sel de la mer- L'espèce cultivée principalement est la longue soie; elle donne deux récoltes par an. Les Indiens la cultivent en abondance; ils en tirent des hamacs et autres objets d'utilité ménagère.
Quant à la nature du coton, les planteurs en distinguent deux qualités. Le cotonnier des terres hautes donne un coton plus beau, plus soyeux que celui des terres basses, mais ce dernier rapporte beaucoup plus. Ce coton vient, pour la qualité commerciale, après celui de Porto-Rico. On le préfère à celui, du Brésil, dont nous parlerons plus loin , et on l'emploie beaucoup à Tarare.
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M. Noyer, ancien député de la Guyane, cite une espèce de coton des Indiens Oyampis, comme bien supérieur en beauté à celui de la colonie, et émet le vœu qu'on en introduise à Cayenne, ce qui ne serait pas, dit-il, difficile. Nous ne savons pas de quelle espèce botanique de coton M. Noyer a voulu parler, ni si Ton a donné suite à son vœu, mais il est constant que l'intérieur de la Guyane produit un coton égal en beauté au Géorgie longue soie. S'il est bien cultivé, ce végétal peut donner deux récoltes par an.
Les Indiens Oyampis filent et tissent le coton. On a vu, à l'Exposition de 4878, un échantillon deleur savoirfaire. Le tissu se rapproche du coton nankin. Le comité de Cayenne a exposé des cotons sous le nom spécifique de tricuspidatum,
M. Hier, inspecteur des douanes, a publié, sur la culture du cotonnier en Guyane, des notes statistiques fort intéressantes 0). Il décrit la manière de le planter dans cette colonie, celle de le récoHer et de l'expédier^ en Europe. M. Itier examine la question de savoir s'il ne serait pas plus avantageux de l'envoyer non égrené. Ce système aurait pour but d'économiser dans la colonie les bras et les capitaux; les graines, en Europe, pourraient servir à faire de l'huile.
Le rendement du cotonnier dans la Guyane variait
(1) Bévue maritime coloniale, 1844, page 389. Voir aussi, pour la culture du coton dans la Guyane hollandaise, l'article de M. Bouyer, lieutenant de vaisseau, insérd dans la Revue cçloniale^ 1862, page 61.
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