Chapitre
Êgrenage à la main. — Churcha dans l'Inde. — L'archet indien. — Machine à égrener des Caraïbes. — Le RoUer-Gin. — Le Saw- Giif. —Appareil de M. Carthy. — Le Cock-Saw-Gin. — L'égreneuse.
Nous sommes bien loin du temps où les seuls doigts de l'homme servaient à dépouiller la graine du cotonnier de sa bourre jsoyeùse; si ce procédé primitif existe encore chez quelques peuplades sauvages, si quelques Hindous récoltent et travaillent le coton, comme ils le faisaient du temps du P. Turpin, et bien avant, on a abandonné, à juste raison, ce système dans les diverses zones chaudes et tempérées, où la culture du cotonnier est pratiquée sur une grande échelle, pour les quantités considérables de coton qui sont recueillies chaque année aux États-Unis, par exemple. Que pourrait, en effet, produire un nombre de travailleurs, quelque considérable qu'on le suppose, alors que chacun d'eux, en épluchant le coton à la main, ne saurait guère en préparer que quelques livres par jour?
Il fallut donc créer un moyen plus rapide que le travail des doigts; mais la première machine inventée pour séparer lé coton de la graine, n'exigea pas de grands efforts d'imagination. Elle consistait en un simple bâton de bois dur, parfaitement rond, et une pierre plate. La fibre s'étendait sur la pierre, et les
graines étaient chassées devant le rouleau, dont le diamètre trop petit ne pouvait monter dessus.
La churka est une mackine à peu près dans ce genre, connue dans Tlnde depuis plus de deux mille ans. Elle consiste en deux rouleaux, d'un diamètre assez petit, et assez rapprochés pour qu'une graine ne puisse se glisser entre eux. La fibre est saisie à leur point de contact, et à mesure qu'ils tournent, elle se sépare de la graine, qui est rejetée au dehors, pendant que le coton égrené tombe en dessous. C'est à peu près le même système qu'on employait autrefois aux Antilles, et dont nous donnerons plus loin la description d'après le P. Labat, l'historien de ces îles.
L'archet indien est un autre instrument, aussi primitif que le premier, et destiné à éliminer la graine. Cet archet, en bambou, est attaché par des cordes, à 4 «50 de terre. Un second archet, de plus grande dimension, et bandé avec une corde en boyau, est attaché par une autre corde, au centre du premier, au-dessous duquel il pend d'environ un mètre. L'opérateur, assis à terre, tient cet archet de la main gauche, et, avec une petite batte d'ivoire, il frappe sur la corde de l'arc, de manière à chasser violemment dans l'air le coton brut, répandu à terre ou sur le plancher, autour de lui, et à le débarrasser de ses graines et impuretés.
Au début, le coton grossier, et à mèche plus forte, de Vupland-géorgie, était nettoyé au moyen des vibrations d'un archet semblable; la corde, relevée à la main, revenait vivement sur le coton, en séparait la graine, et
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