Chapitre IIL UT
rouvrait. Les procédés actuels sont bien plus expéditifs.
La churka est encore employée par quelques indigènes d^ rinde, et l'on assure qu'à l'aide de cet instrument commun, ils égrènent plus de 75 ^/o du coton produit dans l'Inde. Il faut cependant vingt personnes* pour fournir 50 kil. de colon par jour 0).
Le P. Labat, dans son Histoire des Indes occidentales, décrit comme suit la machine usitée chez les Caraïbes, pour égrener le coton : « C'est un châssis carré, long, « composé de quatre montants d'environ quatre pieds de (k haut, qui sont joints ensemble par huit entre-toises, « quatre en haut et quatre en bas. Il est traversé par <L deux fuseaux ou quenouilles, qui ont des rayures « dans toute leur longueur, qui se meuvent à l'opposite « l'une de l'autre, par des manivelles qui sont dessous, « et à côté du châssis, auxquelles il y a des cordes qui fL correspondent à des marches, sur lesquelles celui qui 5 travaille met les pieds, qu'il hausse et baisse sucees- « sivement l'un après l'autre, afin d'imprimer le mou- K vement aux fuseaux. Il est pour cet effet assis devant 4K le châssis, et devant lui une petite planchette de sept « à huit pouces de large, et aussi longue que le châssis « est large, c'est:à-dire de deux pieds et demi environ. m Elle est attachée mobilement aux montants du châssis, « vis-à-vis et proche des deux quenouilles. C'est sur c( celte planchette que l'ouvrier met le cotton. Il le
(1) Égrenage du coton, Technologiste , 1865, p. 200.
« prend dans un panier qui est à sa gauche, et Fétend « et le pousse avec la droite, tout le long des que- « nouilles, qui sont éloignées Tune de l'autre suffisam- « ment pour laisser passer le cotton, qu'elles "attirent . « par leur mouvement, mais trop proches et trop serrées (c pour laisser passer les graines qui, étant forcées de « se séparer du cotton qui les enveloppait, et auquel « elles étaient attachées par les inégalités de leurs su- (ï perfides, tombent à terre entre les jambes de l'ouvrier, (( pendant que le cotton, qui s'est trouvé engagé dans (^ les quenouilles,, passe de l'autre côté, et tombe dans « un sac q^i est ouvert et attaché à une autre petite « planche, parallèle à la première, mais posée un peu « en pente, pour diriger la chute du cotton dans le sac. . , (^ Un bon ouvrier peut éplucher 55 à 60 livres de cotton (( par jour. »
Raynal décrit cette machine en termes à peu près semblables. Il n'avait point été apporté de modifications à cette égreneuse primitive (i).
Dans le Foutah-Diallon (Sénégambie), les femmes se servent d'une baguette de fer, roulant sur un morceau de bois dur, de manière à séparer la graine de la ouate. Ce système, à part l'action mécanique des doigts, est aussi peu compliqué que possible, mais le résultat du travail est en proportion.
Le moulin à Brisson de la Louisiane consistait en
(1) Histoire philosophique des deux Indes, livre IX, § 28.
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un système de deux cylindres posés horizontalement Pun sur Pautre, et assujettis à une roue de deux à trois pieds de diamètre, mue par des négresses. Le diamètre de ces cylindres était différent. Le plus petit portait à sa circonférence des lames de fer ou scies circulaires, espacées, Pune de Pautre, de quelques lignes. L'intervalle des scies était occupé par des barreaux plats en fer, en forme de grillage, dont la courbure était telle que lé talon de la dent passait avant la pointe.
L'autre cylindre était garni de brosses en crin, dont l'extrémité doit toucher les dents des scies, pour enlever le coton que ces dents ont arraché.
Mis en mouvement, soit à* bras, soit au moyen de mulets, il exécutait, en un jour, le travail de quatrevingts^ixoirs; mais on a des moyens encore plus expéditifs, ainsi qu'on le verra plus loin.
Le roller-gin, d'invention anglaise, ressemble beaucoup à la churka, décrite ci-dessus. Il a été perfectionné récemment par MM. Platt et Chaufournier. On lui reproche de détériorer la fibre, et de faire perdre au coton sa valeur marchande. Il laisse, en outre, passer les petites graines molles, et ne donne qu'un produit journalier assez faible.
En 1793, un Américain, Élie Withney, s'inspirant du système de la churka, la modifia de telle façon qu'il fit produire à sa machine, et dès le début, de 25 à 30 kilogrammes de coton épuré, par jour. Son système consistait en un certain nombre de scies circulaires, montées sur un cylindre, à distance de 25 ™/m les unes des autres.
Les dents des spies s'emparent des fibres, au moment où elles passent entre les fentes étroites pratiquées dans la table. Un autre cylindre, couvert de brosses, débarrasse les dents des scies du coton qu'elles ont entraîné. Tel qu'il fonctionne maintenant, le saw-gin de 80 scies, mis en action par une machine de deux chevaui, et conduit par un seul ouvrier, peut donn,er, dit-on, jusqu'à 560 kilogrammes de coton nettoyé, par jour. Il est employé généralement pour les cotons de la Louisiane.
Un autre système a été inventé pour arriver au même résultat, c'est-à-dire à l'extraction de la graine, c'est l'appareil M'Carthy, qui tient de loin au roller-girij mais qui en diffère, en ce que les deux cylindres de bois sont remplacés par un cylindre recouvert de peau de vache marine; une ou plusieurs plaques d'acier pr-essent contre ce cylindre, et empêchent la graine de passer, pendant que la fibre passe, adhérente à la peau, et est recueillie sur une plaque placée en avant. Ce système, assez dispendieux , vu le prix élevé de la peau qu'il faut renouveler souvent, a l'inconvénient de briser ou détériorer la fibre, et de faire perdre au coton de sa valeur commerciale.
Dans le roller-gin, la graine est, pour ainsi dire, rendue immobile, et la soie en est arrachée par l'appareil; dans l'invention M'Carthy, au contraire, c'est la graine qu'on arrache de la soie, rendue fixe.
Le saw-gin^ plus énergique que ces deux engins, laisse, en le brisant, une portion du coton attachée à la graine, et ne peut être employé que pour les espèces