Chapitre
Marseille, on le sait, reçoit une grande partie du coton cultivé en Egypte, en Syrie, en Anatolie., dans les îles de l'Archipel et en Grèce, mais siTadrainistration sanitaire n'y prenait garde, elle recevrait en môme temps dQS germes pestilentiels, car le coton est le corps le plus susceptible de les recueillir et de les conserver, ^ surtout lorsqu'il est pressé en balles et en dehors du contact avec un air pur. Aussi doit-on, quand il y à doute sur l'état sanitaire du lieu d'origine du coton arrivant en France, le déballer et l'étendre sur le sol, en plein air et aux rayons purifiants du soleil 0).
Cette opération se fait, le cas échéant, sur les rochers du Frioul, îlot voisin du port de Marseille, qui prennent alors l'apparence de montagnes couvertes de neige. ^
Battage et épurage. — Panier de Normandie. — La Willow. — Batteur-Éplucheur. — Batteur Étaleur. — MM. Lagoguée et Platt frères.
Les balles de coton ont traversé l'Océan, elles sont rendues au lieu où ce textile doit être travaillé, pour être ensuite converti en tissus ou autres matières nécessaires à l'homme. Mais, plus ou moins bien nettoyé sur les lieux de production, il est encore bien loin d'être purgé
(1) On verra plus loin l'emploi qu'on peut faire du cotdti pour se préserver des émanations délétères.
de tous les corps étrangers qui doivent disparaître lorsqa^on viendra à le transformer.
Primitivement, on se contentait de le soumettre à un second battage, lorsqu'il en avait reçu un premier avant d'être emballé; plus tard, on s'est servi d'u^e petite machine, appelée loup, qui a été remplacée par le Whipper (fouetleur) américain, mais la consommation augmentant d'une manière considérable, ce moyen d'épuration était beaucoup trop lent et occupait trop de bras. On inventa alors une mécanique , qu'on appela panier de Normandie, Elle consistait en un cylindre incliné, à claire-voie. Ce cylindre était composé de deux disques formant la surface latérale. Les deux disques étaient réunis par un axe en fer hérissé de dents.
Le mouvement de rotation imprimé à cet appareil, et qui allait jusqu'à 200 tours à la minute, entraînait le coton introduit dans l'intérieur par la partie supérieure du cylindre. Le coton s'accrochait aux dents, s'ouvrait^ en laissant échapper les corps étrangers, poussière et graines, et finissait par sortir du cylindre par l'ouverture inférieure.
Cette machine n'ouvrait pas d'une manière satisfaisante le coton, qui avait été si fortement comprimé dans l'emballage; on en inventa une autre en Angleterre, à laquelle on donna le nom de Willow (d'autres disent Welow), plus compliquée, il est vrai, que la précédente, mais aussi nettoyant et ouvrant plus complètement le coton. Cetto nouvelle machine subit elle-même quelques modifications, suivant la nature et l'origine du coton à épurer.