Chapitre lU
M. Aican fait observer, d'après le général Poncelet, que 5 Jusqu'en 1774, personne n'avait songé au moyen de substituer aux doigts une action mécanique; le fuseau n'était, dit-il, autre chose que les broches actuelles; c'est un nommé Paul Louis, qui, vers cette époque, imagina, en Angleterre, le système des cylindres. Remarquons qu'il s'agit, dans l'article de M. Alcan, du chanvre , du lin et de la soie.
Ce tordage se faisait au moyen d'une machine de l'invention d'Arkwright, le water frame, qu'on appelait, en France, vu sa forme, lanterne tournante. Deux Anglais, MM. Cocker et Higgins l'ont remplacée par une autrç machine qu'on appelle banc à broches, à cause de sa disposition, et qui réalise une économie énorme de temps.
Chaque année, tant en Europe qu'en Amérique, on signale des modifications à ce système; toutes sont plus ou moins justifiées par l'emploi, nous ne pouvons songer à les décrire. Ce qu'il est nécessaire de savoir, c'est que le banc à broches est l'mtermédiaire entre les préparations du coton dont nous avons parlé et le filage; il continue l'étirage avec une faible torsion et donne au coton le tors suffisant pour qu'il se soutienne derrière le métier en gros.
et-Métiers, le Traité élémentaire de la filature du coton, par Oger, les Divers systèmes de filature en usage aux Indes , en Angleterre et en France , par Molard , le Manuel du filateur, de Noël, et celui de MM. Jullien et Lorentz.
Les nombreux établissements où Ton fabriquait des tissus de eoton avaient grand'peine à s'alimenter du fil nécessaire à la quantité d'étoffes de toute espèce que le commerce réclamait de plus en plus à l'industrie; le rouet n'en fournissait pas en assez grande quantité. James Watt, dont le génie pour la mécanique s'était fait connaître dans la fabrication d'instruments de mathématiques à l'Université d'Oxford, portasses idées vers l'amélioration dont était susceptible le mécanisme peu compliqué du rouet, et inventa, en 1733, une machine pour filer le coton. Deux fabriques, munies de ses machines, s'établirent, l'une à Birmingham, l'autre à Southampton. Mais, soit que le premier essai fût défectueux, soit qu'une coalition des ouvriers fileurs ait empêché le bon fonctionnement de l'appareil, les deux filatures échouèrent, et Watt tourna vers un autre but son activité intellectuelle.
Il nous faut arriver à 1760, pour trouver un nouvel essai du filage du coton au moyen d'une mécanique. La Jenny devait faire une révolution complète dans l'industrie du coton; quelques auteurs en attribuent l'invention à un tisserand, Hargreav^s, demeurant à Standhill, près de Blackburn, dans le Lancashire (i). Ce tisserand, ayant vu un rouet renversé par accident et la fileuse continuant cependant à travailler, eut l'idée de faire une
(1) Encyclopédie française de Didot, 1868; Dict. des Arts^t-Manufactures.