Chapitre IlL
machine pour remplir ce but. D'autres auteurs (0 désignent comme inventeur un fabricant de peignes à tisser, Thomas High, également du Lancashiré. ♦ /L'histoire de cette découverte,- telle qu'elle est rapportée parVorepierre, et qui nous paraît la plus exacte (2)5 est vraiment touchante. « Un jour, dit-il, c'était ea 1764, « un modeste fabricant de peignes à tisser, Thomas « High, se trouvant à Leigh, dans le Lancashiré, chez « un de ses voisins, vit entrer le fils de celui-ci, tout c( abattu par la fatigue et l'ennui. Le jeune homme avait « couru toute la journée pour avoir de la trame (3) sans « pouvoir en trouver. Dès cet instant, High ne cessa « de combiner dans son esprit une machine, capable de c< fournir de la trame en assez grande quantité. Cette « idée lé conduisit chez un horloger de la même ville, « appelé Kay, à qui il communiqua son projet et le c( résultat de ses réflexions. Celui-ci s'enthousiasma à « son tour, et les deux inventeurs se réunissaient tous « les jours dans le grenier de High, dont là porte était « soigneusement fermée, pour confectionner les rouages « et les autres pièces d'une machine, produit de leurs « veilles.
« Cependant les voisins avaient percé le mystère de
(1) Priiicipalement M. Maizeau , traducteur de Y Histoire descriptive de la Filature (Amiengaud, 4« vol. p. 421).
(2) Dictionnaire encyclopédique.
(3) Fil nécessaire pour faire la trame d'un tissu.
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« ces deux pauvres idéologues, et les quolibets leur « pleuvaient de toutes parts. ,
c( l^lusieurs mois s'étaient déjà écoulés sans résultat « apparent, lorsqu'un- beau jour, à la suite d'un accès a de désespoir et de découragement, les rouages furent a jetés par la fenêtre, pour le plus grand amusement « des railleurs. L'horloger Kay eut bientôt pris son c( parti. Qdand on lui demandait combien son maître « lui donnait pour fabriquer des machines à filer, il « répondait qu'il avait renoncé à la filature, et puis, il « mêlait ses railleries à celles de ses voisins.
« High, au contraire, fut bientôt revenu d'un premier » moment de faiblesse; il reporta les rouages brisés « dans son grenier, et, après de nouveaux efforts, il « parvint à faire marcher cette machine tant désirée, « qui répondait si victorieusement non seulement à tous (( les demandeurs en trame de Leigh, mais encore à « ceux de toute l'Angleterre.
« High avait une filte qui, elle aussi, avait dû souffrir c( sa part du chagrin de son père. Elle s'appelait Jenny, « et High la fit marraine de sa machine, qu'il appela « Spinning Jenny (Jeanne la Fileuse). )>
La première machine avait six broches et une aune carrée.
Telle est l'histoire de cette découverte, qui devafit être une source inépuisable de richesses pour les nations civilisées. Trois ans après l'invention du pauvre fabricant de peignes, le tisserand James Hargreave, qui avait déjà inventé en 1760 une espèce de carde, dite carde à