‹ Le cotonChapitre 85 sur 245 · Chapitre IIL · texte numérisé non relu

Chapitre IIL

bloc (stock card), poursuivant Tidée de Th. High, apporta quelques modificatioiis à la pince de la Jenny, c'est-à-dire aux deux pièces qui retiennent la broche sur laquelle s'enroule le fil, ej; parvint à monter une fabrique à Nottinghàm. Telle est la cause probable de l'erreur qui a pu faire attribuer à ce dernier l'invention du « Spinning Jenny. i> L'erreur vient encore d'une autre cause, comme on le verra plus loin.

Malgré son immense avantage sur le simple rouet, la Jenny avait un grand inconvénient, c'était de ne donner que des fils d'une force relativement insuffisante; pour faire la chaîne du tissu, il fallait toujours avoir recours au lin ou au chanvre, à cause du4)eu de force relative des filés. High et non Arkwright, comme plusieurs l'ont écrit, perfectionna sa première machine, et la ^rendit susceptible de filer le coton au degré de force qu'exige Ip chaîne. Il avait inventé la machine à cylindre, le Throstle des Anglais, 'to Continue des manufacturiers français, qui a eu une grande analogie avec le banc à broches, et dont le tirage se fait au moyen d'un certain nombre de paires de cylindres.

Pour ce travail, il était resté associé 'à son ancien collaborateur, John Kay, qui, dit-on, fit sur les modèles en bois de High, sa première Continue. Elle fut d'abord mu^ par des chevaux et fonctionna avec succès à Hottingham, et, en 1777, à Crawford, dans le Derbyshire, avec une chute d'eau pour moteur, ce qui lui fil donner le nom de métier hydraulique.

Le fll fourni par le Throstle résolvait toute la difficulté.

Il était plus tordu, plus fort, et pouvait remplacer le fil de lin; la torsion se faisait par une broche à ailettes et le renvidage au moyen d'une bobine. Le Throstle était, pour la chaîne, ce que le Jeifiny était pour la trame.

Avant de parler de la combinaison de ces deux métiers eh une seule machine, il est nécessaire de dire quel rôle joua, dans ces inventions, un autre industriel qui sut tirer un parti immense de cette admirable découverte.

Richard Arkwright, d'une famille obscure (Je Preston, en Angleterre, avait le génie de la mécanique en même temps que celui de la spéculation. Il était, dit-on, barbier, et renommé pour la couleur des cheveux qu'il livrait au commerce. Ayant épousé une femme de Leigh, pays de High, il entendit parler de la découverte merveilleuse que venait de faire le fabricant de peignes, et entrevit immédiatement tout le parti qu'il pourrait en tirer. Mais, pour cela, il fallait connaître la machine. Au lieu de s'adresser directement à High, il alla trouver son confrère Kay, à Warrington, et l'ayant fait entrer dans un cabaret, il se mit à lui parler mécanique , machines , inventions.

Kay, né soupçonnant pas ses intentions, l'engagea à étudier les moyens de filer mécaniquement le coton , lui disant qu'un de ses amis avait inventé une machine qui produisait ce merveilleux résultat, mais qu'il manquait des ressources nécessaires pour faire valoir son invention. Arkwright n'eut pas l'air de prendre le conseil au sérieux; cependant, il fit si bien près de Kay,

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