Chapitre IV
Dextrine ..... . . : 0»^500
Glycérine. . . 1,300
Sulfate d'alumine .... 0,100
Eau de rivière. 3,000
Le tisserand ajoute 150 grammes de ce mélange à son parement ordinaire, formé de 250 grammes de gélatine dissous dans 3 litres d'eau bouillante.
Pour remplacer la colle d'amidon, généralement employée, on peut se servir de la graine de riz et de la graine d'alpiste (phalaris canariensis). La colle obtenue avec la farine de ces deux graines a l'avantage de se dessécher lentement, et permet par suite d'établir les ateliers de tissage dans la partie supérieure des édifices, au lieu des caves malsaines et humides où l'on voit encore fonctionner quelques métiers.
Cet encollage ne suffit pas toujours; il faut quelquefois encore introduire dans la trame une eau mucilagilïeuse pour faciliter le tissage. C'est ce qu'on appelle tissage, à trame pompée.
L'ourdissage des fils de chaîne, opération préliminaire et indispensable, consiste à les ranger bien parallèlement sur un rouleau. Cette préparation exige le plus grand soin. Si les fils ne sont pas bien parallèles, le travail du tissage les rompt : il faut les rattacher, il y a perte de temps; le tissu, d'un autre côté, n'est pas serré partout également, il y a des clairières, et l'étoffe perd de sa valeur.
Nous arrivons maintenajit au tissage.
194 Le Colon.
Tissage chez les anciens; en Arabie, en Chine, dans l'Inde, en Abyssinie, au Sénégal, en Guinée, au Mexique. — Anciens métiers à tisser. — La navette volante. — John Hay. — Gartnright. — Vaucanson. — Austin de Glascow. — Robertseau. — Jacquart. — Métier mécanique à tisser. — Production anglaise , française, suisse ^ américaine.
Il est impossible de fixer l'époque à laquelle on a commencé à tisser les étoffes, c'est-à-dire à croiser les fils, de quelque nature qu'ils soient, de manière à obtenir une surface plus ou moins grande, plus ou moins serrée et épaisse. Mais il est constant que cette industrie a pris naissance en Orient; quelques savants font honneur de cet art à l'empereur de Chine Fo-hi, qui régnait dans ce pays environ 2950 avant l'ère chrétienne. On s'est d'abord exercé sur le lin, le chanvre et la laine, et l'art de tisser était arrivé à un assez haut degré de perfection dans la Chine et dans l'Inde,. quand il pénétra chez les peuples occidentaux, si toutefois l'invention ne fut pas simultanée, ce que les traditions écrites passent sous silence.
Quel était le système de tissage chez les anciens? il nous a été transmis à ce sujet peu de renseignements. Les livres de la Bible parlent en plusieurs endroits, nous l'avons dit précédemment, d'étoffes de lin, de lame, de coton, mêlées de fils d'or et d'argent, mais ils ne font pas connaître les moyens employés pour la
Chapiire IV,
confection de ces étoffes. Il est probable qu'on aura d'abord essayé de tresser quelques fils en les entrecroisant, pour en faire des bandelettes qui, réunies en nombre plus ou moins grand, donnaient une surface de. tissu de la dimension requise. Le nombre des fils longitudinaux de la chaîne, augmentant pour avoir une plus grande largeur, on aura imaginé, afin d'éviter de les emmêler, de les faire passer dans une claie (lisse) destinée à les maintenir à égale distance, puis de les enrouler sur un cylindre (ensouple). Telle est la marche naturelle qu'a dû suivre l'art du tissage; les autres parties du métier ordinaire auront été ajoutées au fur et à mesure du besoin, tel par exemple le semple, pièce de bois léger destinée à tenir le tissu à égale largeur. Trois mille ans avant notre ère, on voit figurer sur les
METIER ANTfQLE.
hypogées de Beni-Hassan, dans l'Hcptanomide, le métier du tisserand; celui de nos campagnes ne diffère que
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par quelques détails des métiers qu'emploient les ouvriers de Bagdad et de la vallée de Cachemire.
Tel est encore le métier qu'emploient les femmes arabes dans les tribus nomades, plus simple encore peut-être. Deux traverses en bois sont fixées sur des piquets fichés en terre. Sur une de ces traverses est roulée la chaîne du tissu qu'il s'agit de fabriquer. Deux roseaux remplacent les lisses, et le mouvement alternatif qui leur est imprimé divise la chaîne pour laisser passer la navette. On ne peut imaginer rien de plus simple, mais il ne faut pas tenir compte du temps perdu.
Pline l'Ancien (1) dit que Tanaquil trouva la première
l'art de tisser une tunique droite Il cite Fenestella,
rappelant que les toges à poil ras et les phryxiennes (toges à poil serré) commencèrent à paraître sous le règne d'Auguste, et que celles d'un tissu serré, préparées au pa-^ vot, ont une origine plus ancienne. Au même livre, n® 48, il parle de la ville d'Alexandrie, où l'on voyait des métiers à plusieurs rangs de lisses « plurimis vero liciis texere, quœ polymita (brocart) appelant « Alexandria inslituit, i>
Doit-on conclure de cette phrase que les anciens Grecs et Romains connaissaient le moyen de diviser les fils de la chaîne, de manière à produire des dessius, en un mot qu'ils employaient ce qu'on appelle maintenant des armures?
Dans l'ancien Virgile du Vatican, que l'on croit être
(1) Livre VllI, ch. lxxiv.