METIER VERTICAL
est debout, au lieu de navette se sert d'une longue baguette. Je laisse, dit Montfaucon, aux experts dans Part, à raisonner sur cette manière de travailler à la toile ou à la broderie.
Les anciens Germains avaient le métier vertical comme celui que représente notre dessin. Il paraît que les Irlandais s'en servaient également. Le métier horizontal n'a pas tardé à le remplacer, à cause de la facilité du jeu des lisses.
Virgile, dans ses Géorgiques 0), en parlant de l'influence de la lune sur les travaux de la campagne, dit que les cultivateurs tisserands doivent s'occuper, dans le déclin de cet astre, à monter les lisses sur les chaînes.
Septima port decimam felix et ponere vitim, Et prensos domitare boves , et licia tel»
Addere...
Ce que Delille traduit ainsi :
Au dixième croissant de la lune nouvelle, On peut du fier taureau dompter le front rebelle, Planter la jeune vigne, ou d'une agile main, Pi'oraener la navette errante sur le lin.
Traduction un peu fantaisiste et qui n'explique pas grand chose; cette traduction ferait supposer que la navette était connue du temps d'Auguste, ce qui est possible, probable même. Mais quel en fut l'inventeur, on n'en sait rien encore, peut-être faut-il en chercher le nom dans les archives des peuples orientaux.
(1) Livre !•% vers 254 et suiv.
Cliafiitre IV, 199
Lucain, en pariant des tissus de Tyr :
Pars ignea cocco Ut mos est Phariis miscendi licia telis,
d'autres (il parle des vêtements de Cléopâtre), étaient éblouissants des. vives couleurs de l'écarlate, que la navette de l'Égyptien sait avec art marier au tissu 0). Et Ovide :
Torto concita rhombo . Licia quid valeant...
Quelle est la force des lisses soulevées par la roue^ tortueuse.
Les fragments de tissus trouvés dans les cercueils des momies égyptiennes, les bandelettes dont elles sont entourées, sont des tissus ordinaires, c'est-à-dire composés de fils parallèles entre eux, croisés à angle droit par d'autres fils.
Les Indiens et les Chinois se sont livrés de temps immémorial au tissage des étoffes; tels étaient leurs métiers autrefois, tels ils sont encore maintenant dans les localités où n'ont point pénétré les inventions modernes. Ils sont bien simples; quelques tiges de bambou ou de roseau composent l'appareil. Le matin venu, le tisserand les emporte sous son bras, le fil dans un panier, sur sa tête, et là où il rencontre un arbre à sa convenance, il installe son métier à l'ombre de ses rameaux.
(1) Pharsaie, livre X, Trad. de Panckouke.
200 Le CotQYi,
Comme les Africains, les Indiens ne connaissent pas Pensouple, c'est-à-dire le cylindre sur lequel js'enroule l'étoffe à mesure qu'elle est confectionnée. Les pièces qu'ils fabriquent ne sont pas assfez longues pour les embarrasser.
Une preuve de la difficulté qu'on éprouve à modifier les habitudes d'un peuple, c'est le nombre de métiers indigènes qu'on a constaté dans nos établissements français de l'Inde. La statistique en a relevé 2,602 dans le seul district de Pondichéry; 2,000 à Karikal et 1,200 à Chandernagor.
On lira avec intérêt la description que fait le P. Turpin, missionnaire dans l'Inde en 1718, du métier à tisser les étoffes unies, employé par les habitants de ce pays, et dont ils se servent, comme il a été dit ci-dessus, malgré les avantages matériels que présentent les machines plus perfectionnées. L'introduction de ces métiers dans l'Inde est due à M. le vicomte des Bassayns de Ricljtemond, administrateur général des établissements français dans cette partie de l'Asie.
M. Rochet d'Héricourt, dans son voyage en Abyssinie, rapporte que le lin et le coton de ce pays sont de la plus belle qualité. Il donne un dessin représentant un tisserand abyssin. Tout primitif qu'il est, ce métier paraît muni d'une ensouple.
Au Sénégal, nous avons vu les tisserands à l'œuvre. Établis en plein air, sous un palmier ou un flamboyant, sous une véranda ou sous une natte supportée par quatre pieux fichés en terre , ils développent sur le sot