‹ Le cotonChapitre 95 sur 245 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

la série de leurs fils, dont rextrémité est attachée à un caillou, qu'ils tirent à eux à mesure qu'ils confectionnent leurs bandes d'étoffe. Assis sur un escabeau peu élevé , ils sont obligés de creuser un trou en terre pour avoir le jeu de leurs pieds. Les bandes qu'ils confectionnent n'ont pas plus de 10 à 15 centimètres de largeur, ni plus de 2°»25 de longueur, ce qui simplifie beaucoup l'appareil. Ils en réunissent plusieurs et obtiennent une surface d'étoffe suffisante pour pouvoir s'envelopper. Hommes et femmes se chargent également du tissage des pagnes; les tisserands yoloffs font, des dessins particuliers à chaque bout de bande; ils y mêlent quelquefois des fils de laine. *

En Guinée, le travail est plus perfectionné, le tissu plus solide, la bande plus large, les dessins plus variés, mais le système est le même.

Les femmes de la Birmanie sont chargées, comme chez presque tous les peuples à l'état primitif, du soin de la teinture, de la filature et du tissage du coton indigène. Leur métier est également bien simple. Une extrémité de la chaîne est attachée à des chevilles fichées en terre, tandis que l'autre est fixée sur la trame par une large courroie de cuir, enveloppant les reins de la femme assise à terre et les jambes allongées. Un long morceau de bois maintient ouverts les fils de la chaîne, de sorte que la navette, qui est longue d'une trentaine de pouces et d'une manœuvre commode, passe facilement entre ces fils. Avec cet appareil primitif, les Karkênes, ainsi que les Muniporries et les autres tribus de

rAssam Nord-Oriental, produisent un épais et fort tissu, et fabriquent également des dentelles de coton et de soie 0).

M. Lesson, dans son Voyage autour du Monde y sur la Coquille, donne quelques détails sur le tissage, dans l'île d'Oualan. « Les fils dont ils se servent sont tirés des « fibres d'un bananier sauvage, analogue à Tabaca des « Philippines, le musa textilis de Leschenault; on les « débarrasse, parle rouissage, de la gomme qui les

c( invisque Ce sont les femmes qui confectionnent

v^ les maros (bandes d'étoffe), en se servant d'un petit c( métier, sur lequel elles font des dessins, tandis que, « pour tisser le corps de la toile/ elles n'ont besoin que « de deux montants carrés; la trame est disposée par « un procédé analogue à celui de nos tisserands; on « emploie quatre fuseaux recouverts de fils, une na- « vette, nommée katap, et un couteau de bois, ap- « pelé épopé; le métier est désigné sous le nom de « péousse. . . . L'extrémité présente des dessins losanges , c( de quatre couleurs, dont se compose leur peinture; « des raies; des dentelures ou même des franges ornent « encore ce tissu, qu'il est très remarquable de voir « exécuté par un petit peuple inconnu et isolé au sein a du grand Océan (2). »

(1) Economiste, 1880. Il nous semble difficile, avec les idées que nous avons de la navette, qu'un outil de cette espèce soit commode^ étant aussi long.

(2) Lesson, Voyage autour du Monde sur la corvette la Coquille, 2« vol., p. 502.

Page 1