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Chapitre IV

A Toccasion des tissus trouvés dans les tombeaux de Saint-Germain-des-Prés, M. Desmarets (X) distingue, dans l'histoire des progrès* du tissage , trois périodes principales : la première,, qu'il appelle p^od^ d'Alexan' drie, se signale par l'établissement de plusieurs rangs de lisses sur des métiers horizontaux; la seconde énumère les travaux de l'industrie gauloise, ainsi que le constate Pline et Ammien Marcellin; la troisième a produit ces étoffes trouvées à Saint-Germain-des-Prés. Cette période s'est prolongée jusqu'au moment où l'invention de la filature à la mécanique produisit une plus grande quantité de fils, et nécessita l'emploi de moyens plus expéditifs que le métier ordinaire, dit de basse lisse, qu'on n'a cependant pas encore entièrement abandonné.

Il suffit , en effet , de pénétrer dans la chambre d'un* tisserand, dans la campagne, pour le voir assiç devant son métier, et pousser la navette entre les fils de la chaîne, abaissés et élevés alternativement, au moyen de simples pédales. A l'aide de ce métier, il confectionne encore des toiles, du drap grossier, des tapis, que les consommateurs regardent comme plus solides que ceux qui sont fabriqués dans les établissements munis des métiers dé plus récente invention.

Ces anciens métiers ne sont employés que pour la laine que la ménagère recueille sur le dos de ses brebis, et file avec son antique rouet; que pour le lin qu'elle

(1) Mém. inséré dans la coll. de l'Académie des Sciences, 1806.

récolte dans son champ, rouit dans le ruisseau ou l'étang voisin, teille, peigne et file elle-même, sans sortir de son hameau. Le coton n'est guère converti en tissus que dans les manufactures.

Observons en passant que si les métiers primitifs ont été remplacés presque partout, la navette existe eincore, et que le lancé de cet instrument, à la main, est encore usité dans la fabrication d'un grand nombre de tissus fins; il n'en est pas moins vrai que l'invention des chasseurs de navettes a été un immense perfectionnement dans l'art du tissage, surtout pour les laizes larges, telles que le commerce en demande maintenant.

Afin de maintenir uniforme la largeur du tissu, on se sert d'une bande de bois munie de pointe aux deux extrémités, qu'on pose sur l'étoffe, eu la déplaçant de manière à ce qu'elle soit aussi près que possible de la ligne que doit suivre la navette. On appelle cette pièce du métier ordinaire semple ou tempia^ à Lyon.

Les Mexicains, dès l'année 1592, avaient, paraît-il, une manufacture de coton à Tezcusco.; ils fabriquaient des étoffes qu'ils teignaient des plus riches couleurs, et qu'ils enrichissaient de broderies.

Le Mexique abonde, dit Michel Chevalier (^), en oiseaux au beau plumage. Ces plumes, artistement tressées au moyen d'une chaîne en coton, et associées quelquefois au poil des animaux, formaient des tissus

(1) Mexique ancien et moderne, p. 28.

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