‹ Le cotonChapitre 98 sur 245 · Chapitre IV · texte numérisé non relu

Chapitre IV

et nuit à sa machine, il la produisit enfin et put s'écrier, comme jadis Archimède, Eup^ixa î II avait substitué^ aux lacpts un système d'aiguilles et de crochets mis en mouvement par une simple pédale que faisait mouvoir l'ouvrier chargé de la conduite du métier (i).

Les premiers succès de Jacquart datent de 1790, mais il ne s'en tint pas là; il présenta à l'Exposition de 1801 le modèle d'un nouveau métier pour la suppression du tir des lacs. Après un mûr examen de cette machine, le jury lui décerna une médaille de bronze, et le gouvernement lui donna un brevet d'invention. Il méritait mieux, mais alors on ne récompensait pas aussi largement qu'aujourd'hui. Disons cependant que Jacquart obtint en outre une pension de 3,000 francs.

Appliqué d'abord à la confection des étoffes de soie, le métier Jacquart servit ensuite à celle des étoffes de laine et de coton, et une révolution complète eut lieu dans cette industrie. L'auteur du Cours d'économie industrielle, M. Blanqui, résume ainsi son opinion sur cette découverte <i Le métier Jacquart exécute toute la « pensée de l'homme de génie qui est le dessinateur; « c'est comme la presse d'imprimerie, qui traduit « sans y changer un mot, les plus belles conceptions du c savant et du littérateur. »

Jacquart ne pouvait avoir inventé de prime-saut un

(1) Les personnes qui voudraient avoir plus de développements stir l'invention de Jacquart, les trouveront dans la vie de cet intelligent ouvrier, par M. Baudillard, membre de l'Institut, dans celle qu'avait écrite auparavant Laurent de Voivreuil , et dans les brillantes pages que Lamar-

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métier susceptible de satisfaire à toutes les exigences de la confection; son invention exigeait un nombre considérable de cartons percjés de trous et destinés à faire mouvoir les fils de la chaîne, dans le tissage des étoffes façonnées : ce qu'on appelait lire un dessin, c'était de percer , dans un ordre déterminé , d'après un dessin donné sur du papier quadrillé de la mise en carte, la quantité de cartons nécessaires pour représenter sur le li38U les mêmes effets.

Jacquart effectuait cette opération à la main; mais bientôt on inventa le Usage mécanique, le Usage courani, le Usage à tambour , le Usage accéléré , le Usage à touchés ; chaque année, pour ainsi dire, apporta à sa découverte une modification,uneamélioration plus ou moins importante. Il n'entre pas dans notre plan d'essayer de décrire ces divers procédés ; Il suffira de citer les noms bien connus desFillion, Beau, Davoust, Fr. Durand, Gerber, Ulrich , Devillaine, Parant- Radiguet, Lecesne, de la Neuville, Planchon, Rozière et Maury, etc., pour faire connaître l'immense importance de la découverte de l'ouvrier lyonnais, et l'élude dont eUe a été, l'objet de la part de ces savants manufacturiers. M. Durand, surtout, a substitué avec avantage , au chapelet de carton d'abord en usage, un papier continu d).

tine a écrites à ce sujet, si digne d'occufjer Tattention de ce grand écrivain. '

(1) Ces diverses améliorations ont été décrites pour la plupart dans les Bulletins de la Société d'Encouragemeni , dans la publication d'Ai'inengaud , et dans d'autres publications scieniiri(|ues et commerciales.

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