‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 100 sur 193 · SUISSE. - BRODERIE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

SUISSE. - BRODERIE FRANÇAISE

qu'ici à des ornements très-simples, des points d'esprit, des bouquets dont l'effet, avec plus de solidité, rappelle celui du brochage. Les Anglais ne sont pas d'ailleurs les seuls à y avoir songé; nous en avons l'analogue à Paris et à Saint-Quentin ; on dit même que c'est nous qui avons pris les devants ; mais, ce qui est à noter une fois de plus, c'est l'ardeur ingénieuse que met la machine à rechercher sa proie, à la forcer dans ses derniers gîtes, à rester en éveil tant qu'il lui reste quelque chose à dévorer.

La France n'est entrée dans la broderie blanche qu'après la Saxe et l'Écosse, vers la fin du siècle dernier. Son premier établissement n'eut qu'une existence éphémère. On a vu comment, entre 4784 et 1789, elle fut introduite à Tarare; elle avait également quelques ateliers à Nancy et dans le reste de la Lorraine, d'où elle gagnait les vallées des Vosges. Toute cette activité cessa pendant les orages de la révolution ; les objets de luxe se proscrivaient alors d'eux-mêmes, sans qu'il fût besoin d'édits somptuaires; il ne resta plus à Nancy un seul fabricant. Dix années s'écoulèrent dans ce délaissement; ce n'est qu'en 1804 qu'on assista à une petite reprise; quelques broderies fines furent remises sur le métier. Le mouvement se soutint jusqu'en 1814; au retour de la paix, il s'accéléra; à partir de 1830 il prit une énergie inarquée; ce fut une période de renaissance pour tous les genres, et de fortune pour toutes les localités. Elle comprit à la fois la broderie de fantaisie, qui a ses principaux sièges à Paris et à Lyon, la broderie au crochet et la broderie à l'aiguille, dite au plumelis, aliment du travail de nos campagnes dans dix départements au moins. 11 eut un moment, vers 1835, où la demande fut si active que les bras n'y suffirent plus, et, pour y suppléer, on eut malheureusement recours à des méthodes expéditi-

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