‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 102 sur 193 · SHSSE. - BRODERIE DE SAINT-G ALL · texte numérisé non relu

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des interdictions aux frontières qui ressemblaient à des garanties et aboutissaient à des illusions; dans une position plus découverte, elle eût vu plus clairement à quoi l'exposaient ses absences. Malgré tout, son importance a constamment grandi; elle a pu atteindre un mouvement commercial de 40 à 45 millions de francs, et fournir de l'occupation à 230,000 ouvrières dont le salaire varie de 40 centimes à ! franc 25 centimes par jour. Dans aucun pays de l'Europe ce travail n'est mieux rétribué; il anime un grand nombre de campagnes, et f à l'honneur de nos fabricants, on doit reconnaître qu'ils n'ont pas cherché dans la dépréciation de la main-d'œuvre le fondement et le maintien de leurs succès.

Nous voici ramenés à la Suisse : elle est, dans la broderie blanche, la dernière en date; un effort d'un demisiècle a suffi pour la mettre en première ligne sous le double rapport de la bonne renommée et de la perfection du produit. En cela, elle a été servie d'abord par le vide causé par nos troubles révolutionnaires, ensuite par une préférence judicieuse donnée à l'emploi du métier quand % nous l'abandonnions. Deux petits cantons qui, réunis, ne comptent pas 300,000 âmes, ont pu, dans une branche d'industrie, balancer la fortune des grands États, former 50,000 ouvrières et créer une valeur de plus de 30 millions de francs. Dans cette rivalité, c'est la France qui est plus particulièrement en jeu. La Saxe n'a que des genres inférieurs; l'Écosse s'en tient à des modèles appropriés au goût anglais, d'une richesse trop étudiée et rarement exempte de lourdeur ; la France supporte seule le rapprochement avec des avantages au moins compensés. Pour la grâce, pour l'élégance, la Suisse est de son école, et quelquefois l'élève parvient àen remontrerai! maître. Cet aveu

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