‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 105 sur 193 · SUISSE. - TROGEN ET HÈR1SAL · texte numérisé non relu

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garni d'un tissu tendu et dont l'un des bords portait une étoffe enroulée. C'était une fabrique en plein air, on y exécutait au crochet des bandes de rideau. Dans les hameaux mômes scènes, môme activité; sur le seuil de chaque porte ou sous des berceaux voisins de la maison étaient assises des villageoises pourvues de leur instrument et les doigts à la besogne. On ne saurait faire un pas au dehors ni entrer dans un logement sans apercevoir quelques-uns de ces tambours à broderie; ici ils sont suspendus aux arbres, là au joug des bœufs; c'est l'arme familière de ces cantons. Il va sans dire que ces morceaux que l'on traite au pied levé n'ont pas une grande perfection; les pièces soignées, h s broderies fines exigent des habitudes plus sédentaires. Mais dans l'un et dans l'autre cas, l'ouvrage, distances gardées, est consciencieusement fait. C'est, si je ne me trompe, la principale cause du crédit dont jouit la broderie suisse; ses moindres agents apportent du scrupule dans son exécution. Un crédit qui a cette base est, de tous, le moins susceptible de s'altérer. De plus en plus, d'état à état, les inégalités de la main-d'œuvre s'eflaeen! ; elle s'est peu à peu élevée dans les cantons, et avant cette dernière crise elle était au niveau de la nôtre, lo c. ai fr. 30 pour les articles lins, 40 à 80 centimes pour les articles communs; mais ce qui survit à ces variations, c'est l'influence d'une honnêteté reconnue, surtout quand elle existe dans tous les rangs et sert de règle dans toute l'économie du travail.

Il suffit d'avoir \écu quelques jours parmi ce peuple pour (Mi emporter la meilleure opinion. On ne s'y est pas entièrement défendu contre la contagion la plus active de la vie de fabrique; il y a des cabarets et en trop grand nombre; les excès n'y sont pas fréquents. 11 est rare également que

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les jeunes filles abusent de la liberté presque absolue dont elles jouissent ; l'inconduite n'est qu'une exception. Une surveillance mutuelle dans des hameaux où tout le monde se connaît suffit pour la police des mœurs. Ces mœurs sont d'ailleurs bonnes et saines; dans le premier âge les enfants vont tous aux écoles; plus tard le travail s'en empare et les préserve; il ne reste que peu de prise pour les mauvaises habitudes qu'engendre l'oisiveté. Pour les jours fériés, il y a des divertissements préférés, des sociétés de chant, des réunions de danse, des tirs à la carabine; j'y ai assisté : ils respirent une gaieté franche qui ne ménage * pas ses éclats; ils entretiennent l'instinct musical familier aux Allemands et ces goûts militaires qui distinguent ie tempérament national. Dans les affaires comme dans les plaisirs, cette race garde sa physionomie; elle aime que son temps soit bien rempli et en rien n'épargne ses peines. La campagne dans le Ilhode extérieur ressemble à un jardin; ce sont en général des pâturages, coupés par quelques cultures; dans ces héritages, divisés à l'infini, on devrait s'attendre à des négligences, à un manque d'entretien ; il y a peu de ces contrastes ; les services de l'industrie ne font point de tort à ceux de la terre; les haies de clôture sont en bon état, les champs sont en plein rapport, le bétail est l'objet des soins les mieux entendus. Ce qui facilite ces travaux c'est la dispersion des habitations; il n'y a que peu de groupes et beaucoup de. maisons isolées entourées d'un clos; dans la plupart des cas le paysau en est propriétaire; il a sous sa main son petit domaine, prend et quitte sa besogne sans dérangement et trouve l'emploi de tous les moments qu'il a de libres. Le logement est des plus modestes; une ou deux pièces au rez-de-chaussée, un . grenier comme dépôt, un appentis pour étable; c'est peu

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