K MANCHESTER. - ORIGINES
dans les résultats qu'elles ont fourni. Les mouvements des docks de Liverpool ont porté, dans les années les plus actives, sur cinq millions de tonnes, et les prélèvements des compagnies, ont atteint jusqu'à dix millions de francs, répartis sur les divers services. Le coton seul figurait, quand les transports étaient libres, pour 2,400,000 balles par an dans le chiffre de ces existences et pour plus de la moitié dans le milliard dont se composent les importations. N'estce pas là un encouragement suffisant pour les pays où ces institutions sont encore à l'état d ébauche? De grands perfectionnements ont été obtenus depuis l'époque où notre savant confrère, M. Charles Dupin, les proposait en exemple; on peut désormais agir à coup sûr et à moins de frais, choisir les meilleurs types dans chaque détail et les combiner dans une application intelligente. Plusieurs de nos ports de commerce sont sur la voie; ils ne pourraient plus sans déchoir se passer d'un instrumentsi bien éprouvé ; le bénéfice en est manifeste, et la dépense de premier établissement a subi de telles réductions que les docks de Marseille, entre autres, coûteront, par mètre carré de surface, deux tiers de moins que ceux de Liverpool.
Suivons maintenant ces cotons du lieu où ils débarquent à celui où ils seront mis en œuvre. En moins de trois heures le doyen des chemins de fer anglais les a déposés dans les gares de Manchester, d'où ils se distribuent dans les ateliers de la ville ou des localités adjacentes. On a comparé Manchester à une araignée qui, du centre de sa toile, se porte aux extrémités pour en étendre laborieusement le réseau. L'image est assez juste. Il y a un siècle, cette grande cité commerciale n'était encore qu'un bourg relevant d'un seigneur, et telle est chez nos voisins la persistance des coutumes qu'elle n'a cessé, légalement par-