MANCHESTER. - ORIGINES
lant, d'être un bourg qu'en 1830, à la suite d'une agitation loqtfe. Jusqu'alors elle ne s'était point appartenue. Peu d'accroissements sont comparables au sien. Quoiqu'elle eût montré dans le traitement de la laine et du fil l'aptitude qui devait la conduire si loin, sa population, en 1720, n'excédait pas 10,000 âmes vivant d'un commerce de tissus fabriqués dans les campagnes des environs. Manchester recueillait ces produits, les teignait, les apprêtait, les colportait pour en trouver le débit. Tant que dura le régime du travail à la main, cette activité, bien que grandissante, garda des proportions modestes. Elle ne prit un véritable essor que lorsqu'une révolution mécanique eut armé l'industrie d'instruments puissants et ingénieux dont le coton devait être le principal aliment. Manchester eut alors le sentiment et entra en possession de sa force. Distribués sur un petit cours d'eau, l'Irwell, que grossissent deux affluents, l'Irk et le Medlock, ces établissements pouvaient tirer parti de huit cents pieds de chute ; près de la ville et dans un rayon de plusieurs lieues les bancs de charbon se montraient à fleur de terre, pour servir et animer les appareils à feu; le fer abondait dans les comtés voisins et surtout dans le pays de Galles, presque limitrophe ; l'accès de deux mers, celles de l'Irlande et du Nord, était ouvert à ses approvisionnements et à ses débouchés; enfin, pour comble de fortune, la race d'hommes établie sur les lieux ajoutait a, ces avantages du sol l'appui de ses propres qualités, l'ardeur de la recherche uni au génie de l'invention, le goût des entreprises secondé par la patience et l'intelligence du travail. De ces éléments réunis et combinés, comment ne serait-il pas sorti une fondation vigoureuse, destinée à remplir le monde de sujets d'étounement?