MANCHESTER. - DÉVELOPPEMENTS
C'est ce qui eut lieu ; la croissance se fit presque d'un seul jet. Dès que la série d.s découvertes fut commencée, Manchester changea de physionomie. A de petits marchands dont le plus grand luxe consistait en une maison bâtie en briques, et qui ne différaient guère de leurs ouvriers ni pas les habitudes, ni par l'aisance, succédèrent les premiers manufacturiers, presque tous fils de leurs œuvres, et chez qui un admirable instinct suppléa à une culture plus savante. On vit sortir des plus humbles rangs ces hommes qui, avec du bois et des métaux et au moyen d'organes très-simples, changèrent, dans le cours de vingt années, toute l'économie du travail. Ils furent les aïeux et les pères de cette génération de commerçants, d'ingénieurs et d'industriels qui, aujourd'hui, par l'opulence acquise, la grandeur des relations, la dignité des caractères, a pris sur les destinées du pays une influence qui ne saurait être contestée. Par leurs soins, Manchester vit son enceinte s'étendre et sa population multiplier; 20,000 âmes en 4750, 40,000 dix ans plus tard, 80,000 en 1792 quand la vapeur eut remplacé les manèges, puis, par des accroissements successifs, 200,000 âmes en 1820, 300,000 en 1840, £00,000 en 1860, en y comprenant les bourgs agglomérés, comme Saldford, Charlton et Barton. Encore n'est-ce là que le premier chapitre de cette suite de conquêtes. L'attraction que Manchester exerçait dans son rayon immédiat ne pouvait dépasser certaines distances, et il y eut un moment où les bras n'arrivant plus il fallut les aller trouver. Autour delà ville et dans toutes les directions existaient des villages parsemés de quelques gros> bourgs, dont les plus considérables comptaient de 2 à 3,000 âmes. Ces populations vivaient encore du travail à la main, entre leurs champs et leurs métiers. Manchester