‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 114 sur 193 · MANCHESTER. - CRISES · texte numérisé non relu

MANCHESTER. - CRISES

tout ; pendant qu'en bas la détresse sévit, en haut les ruines commencent. La partie du matériel dont on suspend les services devient un capital inerte, qui ne s'amortit plus et exige en outre quelques frais d'entretien ; les constructions, les fonds de roulement, toutes les sommes directement ou indirectement engagées sont frappées de la môme impuissance ; la vie se retire de ce corps qui semblait si bien constitué. Voilà comment s'expient les excès en matière d'établissements; dans les dérangements de l'industrie, soit que le débouché manque au produit, soit que l'aliment manque à la fabrication, ceux de ces établissements qui occupent un rang modeste souffrent relativement moins que ceux dont les proportions ont été exagérées. Dans cette course à toute vapeur le choc que l'on reçoit, quand un obstacle se présente, est en raison de la masse et de la vitesse; les accidents et les dommages sont en raison du choc. Ce sont là des compensations pour les spéculations prévoyantes et des leçons données de loin en loin aux hommes qui jettent des défis trop hautains à la destinée.

Il y a pourtant une distinction à faire entre les temps d'arrêt qui proviennent d'un engorgement de produits et ceux qui n'ont d'autre origine que leur rareté. Le premier cas est le plus fréquent ; il est, à vrai dire, le seul quand les mers sont libres ; le second ne se présente que quand elles se ferment à une partie considérable de l'approvisionnement. "C'est ce qui arrive en ce moment. En apparence les résultats sont les mômes; des ateliers qui suspendent ou diminuent leur travail, des ouvriers congédiés ou réduits à une portion de journée. Les situations sont au fond très-différentes. Quand un fabricant désarme devant ses magasins encombrés, il obéit à un calcul;

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