‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 115 sur 193 · MANCHESTER. — EFFETS DES CRISES · texte numérisé non relu

MANCHESTER. — EFFETS DES CRISES

quand il le fait par suite de la disette des matières, il cède à une nécessité ; de ces deux actes l'un est volontaire, l'autre forcé. Il ne se résignera au premier qu'après avoir épuisé la mesure des sacrifices ; il sera contraint au second môme quand un maintien d'activité ne lui causerait pas de détriment. Dans l'un des cas, le fabricant est plus atteint que l'ouvrier ; celui-ci garde encore ses salaires tandis que celui-là supporte des pertes; dans L'autre cas l'ouvrier est frappé plus que le fabricant; l'atelier se ferme sans que l'abaissement des profits en soit la cause déterminante. Telle est la différence qui existe entre les temps d'arrêt qui résultent ou de l'abondance des produits ou de la rareté de la matière. Aujourd'hui , par exemple, il n'y a pas encore de dommages bien graves pour les entrepreneurs d'industrie. Le produit, il est vrai, n'a pas suivi dans sa hausse rapide le mouvement du lainage; à comparer les cours, à un jour donné, instantanément, il y a un sensible écart. Mais un œil exercé voit autrement les choses. Chez la plupart des fabricants il existait des réserves, soit de matières, soit de produits qui relevaient des anciens prix. Tous étaient plus ou moins nantis, sauf quelques petits entrepreneurs dépourvus de crédit et pressés d'argent. L'équilibre n'est donc rompu qu'en apparence. Si la rareté persiste , si le travail continue à se réduire, la balance penchera en faveur du détenteur, et en supposant que les débuts de la campagne lui aient donné des pertes, il en sera amplement couvert par une plus-value qu'amèneront nécessairement les vides du marché. Ainsi le fabricant peut prévoir une revanche et y compter ; l'ouvrier n'en aura point. Tout est dit pour lui quand la tâche est sortie de ses mains; il n'a rien à prétendre sur les bénéfices subsidiaires qu'amènera le jeu des prix ; le dénû-

Page 1