MANCHESTER. - EFFETS DES CRISE
ment seul l'attend dans le cas où les ateliers se fermeraient après ne s'être longtemps ouverts qu'à denli.
Cette perspective est si douloureuse que malgré soi on y est ramené. Sans doute il n'est point de classe dont la condition ne soit sujette à des vicissitudes et n'ait ses bons et ses mauvais jours; la vie n'est pas un drame pour les unes, une idylle pour les autres ; les poëtes seuls se payent de ces fictions. Toutes les carrières où l'activité de l'homme est engagée reposent sur des alternatives qui font de l'existence un long combat. Point de branche d'industrie et de commerce qui ne soit contrainte à cet effort. L'agriculture elle-même, sur un terrain plus consistant, est comme les autres sujette à des accidents et à des surprises; son régime est une alerte perpétuelle contre des puissances qu'elle ne peut conjurer, sa fortune un problème qui chaque année se pose et se résout dans un sens ou dans l'autre. Dans ce passage de la faveur au revers, il n'y a donc rien qui ne soit commun à toutes les régions et à toutes les classes ; le groupe de Manchester n'y pouvait pas faire exception. Sur deux points seulement on y a dérogé à ce que conseillait la prudence, l'excès de concentration, la dépendance trop exclusive pour l'aliment du travail. Les dangers d'une concentration excessive se démontrent d'eux-mêmes. Quand des dommages frappent les campagnes, ils se distribuent sur de grands espaces et par petits groupes, où aucune fermentation ne peut naître et aboutir à des violences; le mal est d'ailleurs atténué par la variété des produits et les cultures supplétives ; dans les intempéries ordinaires il est supporté en silence; dans les grandes épidémies végétales il se résout par l'expatriation. L'effet est tout autre dans une fournaise comme Manchester, où les passions, quand on les croit le mieux