‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 120 sur 193 · MANCHESTER. - DISETTE DE COTON · texte numérisé non relu

MANCHESTER. - DISETTE DE COTON

pour un État, pas plus de profit que de gloire à négliger les traditions qui font partie de sa grandeur.

Toujours est-il que, dai s ce brusque événement, Manchester n'était pas pris complètement au dépourvu. Il sentait cette chaîne de l'approvisionnement se river de plus en plus, et avait fait quelques efforts pour s'y soustraire. Des fluctuations dans les récoltes, de petits démêlés diplomatiques , étaient autant d'avertissements qui montraient au groupe ses points vulnérables et le jetaient dans des accès de prévoyance suivis de langueurs. Il cherchait alors par moments à se ménager des ressources contre une pénurie éventuelle. Mais à quelles portes frapper? Où trouver sinon l'équivalent, du moins l'importance approximative de cette production américaine qui se comptait par millions de balles? Où rencontrer l'analogue, à quelques degrés près, de ces qualités qui jouissaient de préférences enracinées et amplement justifiées? Le problème n'était pas facile à résoudre. Il n'y avait pas grand fond à faire sur les régions où le coton se charge à la cueillette, dans des marchés restreints et promptement épuisés. Ni le Brésil où les existences sont stationnaires, ni l'Égypte où la culture delà plante est en décroissance , ni l'Asie Mineure réduite à des produits inférieurs, ni les Antilles qui ont déserté le coton pour le sucre, ni l'Afrique nègre, ni l'Australie où l'on en est aux essais, ni l'Algérie où les projets seuls abondent, ne présentaient de garanties sur lesquelles la manufacture pût se reposer avec quelque sécurité. Sur un seul point il existait une puissance de production capable de servir d'appui et appelée à de prompts développements : c'était dans les Indes orientales. Malgré les distances, les Indes n'avaient pas cessé de verser sur les marchés anglais l'excédant de leurs ré-

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