S0 MANCHESTER. - DISETTE DE COTON
coites, et en 4857 près de 700,000 balles de cette provenance prenaient place dans les entrepôts pour passer ensuite dans la fabrique. L'arme était donc trouvée ; il ne s'agissait que d'en raffermir la trempe ; le coton surate, c'est ainsi qu'on le désigne, pouvait, en cas d'urgence, suppléer le coton américain. Pour cela, il y avait deux choses à faire : en accroître les quantités, en relever les qualités; l'entreprise, quoique délicate, n'était pas audessus d'efforts persévérants. Les quantités n'avaient de limites que dans les sommes à y consacrer ; ni les terrains, ni les bras ne manquaient aux cultures. Tout le bassin de llndus et de ses affluents, ceux de la Nerbuddah et du Godavery se prêtaient à des expériences, pourvu que les irrigations y fussent réglées et les chemins mis en état. A l'est de l'Himalaya comme à l'ouest des Ghâts, dans les présidences de Bombay et de Madras, le coton trouve toutes les conditions nécessaires pour réussir : une température appropriée, un sol arrosé, des populations industrieuses. Ces vastes territoires ne demandaient donc qu'à produire ; il suffisait d'y mettre la main et d'y répandre l'argent. Quant à la qualité, elle se ressentait du traitement empirique auquel les natifs soumettent la plante. Dans une cueillette faite sans soin, ils énervent la fibre, en allèrent la consistance et la laissent, en outre, chargée de ses impuretés. De là des déchets plus forts, une moindre convenance à l'emploi arbitrée par des classements sévè- ' res qui mettent ce coton à un tiers en dessous du coton américain. Rien en tout ceci qui ne fût réparable et susceptible d'amendements. La cueillette pouvait être mieux dirigée, la matière traitée avec plus d'attention; point d'empêchement non plus à ce que les Indes adoptassent les machines ingénieuses qu'emploie l'Amérique pour