MANCHESTER. - EFFETS DE L'ASSOCIATION. 33S
avaient changé, la récolte était abondante ; le vide se fit dans l'association, les souscriptions s'arrêtèrent. De 1857 à. 1859, le comité se borna à expédier quelques machines à nettoyer dans les pays qui en faisaient la demande, et une centaine de tonnes de semences qu'elle dispersa à tous les horizons avec plus de libéralité que de discernement.
L'association pour l'approvisionnement du coton en était à cette existence végétative quand la guerre civile éclata aux États-Unis. Ce fut comme un coup de tocsin qui la réveilla en sursaut. L'événement donnait raison à ceux d'entre ses membres qui s'étaient constamment défendus contre la dépendance et condamnait ceux qui en avaient méconnu ou négligé les périls. Au lieu de récriminer, on reprit l'œuvre commune. Tout le monde sentait cette fois qu'il s'agissait d'une mesure de salut. Les anciens souscripteurs renouvelèrent leurs engagements en les portant à de plus fortes sommes ; de nouveaux souscripteurs suivirent cet exemple avec une ardeur qui ne se démentit plus; ce qui n'était qu'un petit groupe devint une réunion puissante. Un fonds, en partie disponible, en partie éventuel, fut rapidement formé et porté à plusieurs millions de francs; on peut même dire qu'il n'a de limite que dans les besoins et le bon emploi. La devise issue de l'agitation commerciale de 1839 : «Donnons un peu de ce que nous avons pour sauver le reste, » prévalait dans la grande, la moyenne et même la petite industrie. A côté de dons considérables, figuraient ]es plus modestes offrandes. L'association puisa dans cet assentiment public une vigueur qu'elle n'avait jamais eue. Elle reprit les anciens plans, les vérifia par un examen approfondi, confia à des délégués, choisis avec soin et généreusement rétribués, la mission d'achever l'enquête en Asie