MANCHESTER. - COTON DES INDES
dans des proportions plus vastes et avec une attention plus minutieuse donnée aux détails. De leur côté, le gouvernement de la métropole et le gouvernement indien ne se retranchaient plus dans la même indifférence; la clarté des faits avait dessillé tous les yeux. Personne ne contestait plus l'avantage qu'il y aurait à restituer à une possession britannique la part la plus large qu'on pût atteindre dans le service de l'approvisionnement. Un concert s'établit dès lors entre l'effort privé et l'effort officiel. On rechercha en commun ce qu'il y avait à entreprendre et dans quel ordre il fallait procéder. Mais pendant que les hommes étaient encore en délibérations et pour des fins éloignées, la puissance des choses agissait pour son compte et d'une manière immédiate. Jamais exemple plus frappant ne fut donné de la vie qui y réside. Pour parer aux embarras les plus pressés, il avait suffi que le coton surate trouvât sur le marché un meilleur accueil, et que la convenance des prix lui eût offert un avantage à s'y montrer. Par l'effet des circonstances, il triomphait du dédain qui l'avait frappé jusqu'alors, et d'un objet de rebut devenait une ressource. C'en fut assez pour relever son rôle et multiplier ses quantités au delà de toute prévision. La fabrique y a aidé, en modifiant ses engins de manière à corriger les défauts de . la matière par un traitement particulier. Une sorte de réconciliation s'est ainsi opérée sous l'empire de la nécessité. Il est à croire que, si cette faveur dure, le coton surate n'aura pas besoin d'un autre aiguillon pour la justifier; la cueillette et le conditionnement s'amélioreront d'euxmêmes, les quantités iront naturellement croissant, pourvu que le marché reste largement ouvert et laisse une marge raisonnable à l'importation. Comme les Américains, les Indiens feraient leur propre besogne. La part de l'État et