MANCHESTER. — COTON AMÉRICAIN
des compagnies se réduirait de tout ce que l'activité privée aurait pris à sa charge et serait limitée aux grands travaux qui par -leur nature y échappent, comme les artères d'irrigation et de navigation, les chaussées et les voies de fer, la création de havres rapprochés des récoltes.
Dans les dispositions où elle était, et sous l'influence du mouvement d'opinion que les événements avaient suscité, l'association de Manchester ne pouvait pas s'en tenir aux ouvertures de concours qu'elle avait faites au gouvernement. Elle éprouvait des impatiences d'agir pour son propre compte et en toute liberté d'allures. Les missions se multiplièrent. Leur premier objet fut de vérifier, sur tous les points, l'état des existences en coton et d'en dresser un recensement aussi exact que possible ; des agents partirent pour remplir cette tâche, région par région, port par port. D'autres se rendirent dans les États du Sud, sièges des grands dépôts, avec des instructions plus mystérieuses qui aboutissaient à un système de surprises visà-vis d'un blocus encore mal formé. L'ingérence n'alla pas d'abord au delà du commerce et des transports; plus tard le champ sembla trop étroit à l'association. A ses côtés s'étaient formées des compagnies qui affichaient les plus vastes desseins et se distribuaient les terres vacantes pour les exploiter en vue du coton : celle-ci en Australie, cellelà dans les Antilles anglaises, d'autres en Afrique ou dans les îles de l'Océanie. Ces rivalités décidèrent l'association centrale à se départir des règles qu'à l'origine elle s'était prescrites; une action moindre l'eût amenée à déchoir; elle se montra donc disposée, sinon à cultiver elle-même, du moins à commanditer les cultures. C'était rouvrir la porte aux coureurs d'entreprises; ils firent irruption,