‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 127 sur 193 · S86 MANCHESTER. — ESSAIS DE CULTURE · texte numérisé non relu

S86 MANCHESTER. — ESSAIS DE CULTURE

comme on le devine; l'association fut de nouveau assaillie de projets accompagnés de formidables demandes de fonds. D y aurait une curieuse histoire à écrire sur ces débauches de l'imagination humaine, où les rêves se mêlaient à l'esprit de calcul. De cet amalgame le comité exécutif dégagea un petit nombre d'ofTres sérieuses et les soumit à un essai. Son attention se dirigea surtout vers les côtes de la Guinée où les missions protestantes avaient fondé des établissements. Plusieurs raisons justifiaient cette préférence : la nature des terrains qui, le long de ces rivages, s'imprègnent d'efflorescences salines favorables au coton, l'éloignement modéré des débouchés, considération décisive en matière de commerce, enfin, ce qui avait plus de prix encore, la perspective de changer en colonies industrieuses, fixées au sol et affranchies par le travail, cette suite de greniers à esclaves, voués depuis trois siècles au plus odieux trafic. Lagos, Sierra-Leone, Wyddah même, malgré l'étreinte du roi de Dahomey, étaient dans ce cas. L'insalubrité des lieux n'était pas . un obstacle invincible; des groupes d'Européens s'y étaient faits après un léger tribut. Un négociant, M. Clegg, avait même formé un commencement de comptoir et établi des dépôts dans la maison des missionnaires. Dé quelques milliers de livres il était arrivé à recueillir plus de cent mille livres par an que lui apportaient les natifs; envoyé à Manchester, ce lainage avait été classé parmi les qualités supérieures. Tout conseillait de pousser plus loin l'expérience ; l'association y prêta les mains. Elle en fit autant pour la côte d'Angola, où le docteur Livingstone avait rencontré le coton à l'état d'arbuste; pour le port Natal, où l'indolence des Cafres laissait perdre des récoltes spontanément venues ; pour les postes portugais du Zambèse, où des vallées fertiles

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