MULHOUSE. - PATRONAGES. MS
une diaconesse qui soigne les malades du quai lier. Kllc va de maison en maison et distribue aux nécessiteux les aliments, les médicaments et les habits que le comité a mis à sa disposition.
Voilà plusieurs années déjà que cette utile institution fonctionne avec un succès toujours croissant; et les sommes de plus en plus importantes que la charité privée souscrit en sa faveur, sont la meilleure preuve qu'elle est hautement appréciée par une population qui tient surtout compte des résultats obtenus.
Neus ne devons pas oublier de mentionner la Cénotrie, espèce de pension où des sœurs de charité élèvent des enfants pauvres et logent des ouvrières de fabrique, sans famille, qui trouvent chez elles la nourriture, une habitation agréable et les avantages de la vie en commun , pour une rétribution mensuelle en rapport avec leurs salaires.
Ajoutons aussi qu'une auberge des pauvres, fondée et entretenue par un citoyen généreux, loge et «nourrit gratuitement pendant une nuit le voyageur indigent, et lui permet ainsi de reprendre des forces pour continuer sa route ou chercher du travail.
Nous disions que les patronages avaient eu surtout en vue d'habituer les ou vrierffà compter sur eux-mêmes plutôt qu'à se fier à la charité publique. L'imprévoyance, l'insouciance de l'avenir est en effet un des caractères distinctifs des classes laborieuses. Rarement l'ouvrier songe, dès sa jeunesse, à s'assurer sur ses vieux jours un modeste revenu qui lui permette de vivre quand le travail lui sera devenu impossible. Ce n'est pas qu'on n'eût pensé depuis longtemps à lui faciliter l'épargne par tous les moyens. Dès 1827, on avait créé à Mulhouse une caisse d'épargne qui rendit de grands services, mais qui devint inutile et cessa ses opérations lorsque fut fondée la caisse d'épargne de l'État.
Tout cela était insuffisant , et le grand nombre continuait à vivre au jour le jour. Il fallait chercher et trouver un mobile énergique et efficace pour persuader à l'ouvrier de faire un prélèvement sur son salaire afin de pourvoir aux incertitudes de l'avenir.