‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 30 sur 193 · MULHOUSE. - RÉSUMÉ · texte numérisé non relu

MULHOUSE. - RÉSUMÉ

tous les degrés du travail manuel les agents aient une part de plus en plus équitable dans les fortunes qui se fondent avec leur concours. Aucune garantie de paix et d'ordre ne vaut celle-là. D'excellents esprits, M. Jules Simon, entre autres, dans un ouvrage récent', ont fait remarquer, et c'est avec raison, que la moralité parmi les ouvriers ne suit pas toujours la marche du salaire, et ils en ont conclu qu'au fond le taux des salaires importe moins que leur bon emploi. Les manufacturiers, quand on les consulte, ajoutent que les actes d'insubordination, les chômages volontaires sont plus fréquents chez les ouvriers fortement rétribués que chez ceux qui le sont petitement. 11 ne faudrait pas prendre à la lettre des témoignages quelquefois intéressés. Les causes qui agissent dans des cas d'exception s'atténueraient beaucoup si des salaires vraiment suffisants devenaient la règle commune : malheureusement l'insuffisance est encore le fait dominant. La hausse qui a eu lieu pendant ces dernières années, moins générale qu'on ne le croit, et qui peut être évaluée à 15 ou 20 p. 100, est à peine l'équivalent du renchérissement des denrées et de la dépréciation de l'argent. Cette hausse d'ailleurs n'a pas eu en France les mômes proportions qu'en Angleterre. Dans presque tous nos foyers d'industrie les salaires ne sont que la mesure stricte des besoins. Quand une portion en est distraite pour des plaisirs grossiers, ces écarts s'expient par des privations et des souffrances ; ce n'est qu'un prélèvement du superflu sur le nécessaire. Sans doute, à ce degré môme, les mœurs sont un préservatif, mais plus d'aisance conduit infailliblement à des mœurs meilleures. 11 est de remarque constante que

Page 1