MULHOUSE. — BUDGETS DES MÉNAGES. US
les sentiments s'élèvent avec les positions , et l'amélioration du prix des services serait, de tous les moyens de réforme, le plus susceptible d'agir sur les habitudes des ouvriers.
Les salaires à Mulhouse et aux environs étaient à l'origine très-modérés, condition nécessaire pour qu'une industrie pût s'établir à une si grande distance de ses débouchés et de ses lieux d'approvisionnement. Depuis, le succès aidant, il a été possible de consentir à des augmentations successives. J'ai, dans des tableaux qui terminent ce volume, réuni des renseignements recueillis sur les lieux mûmes et qui m'ont été fournis avec autant de bonne grâce que de sincérité. Ces tableaux comprennent le sexe, l'âge, la nature d'occupation des ouvriers employés dans la filature, le tissage et l'impression. On peut les résumer en quelques traits. Le plus saillant est, dans les trois ordres de travaux, la présence d'une petite élite. Dans la filature ce sont les fileurs proprement dits qui arrivent à un salaire de 3 fr. 70 c. par jour ; dans le tissage, les pareurs ont 3 fr. 80 c; dans l'impression, quelques graveurs sur bois ont 4 fr., et sur rouleau jusqu'à 6 fr. 75 c; les molleteurs, 4 fr.; les imprimeurs à la planche, 3 fr. 45 c; au rouleau, jusqu'à 4 fr.; les blanchisseurs, 3 fr. 35 c. Ce sont les sommités de la main-d'œuvre du coton ; on cite volontiers leur salaire quand il s'agit de montrer la condition en beau ; on oublie d'ajouter qu'il ne s'agit que d'un très-petit nombre. Pour savoir ce qu'il en est, il faut écarter ces exceptions et pénétrer dans les couches inférieures, depuis l'enfant des deux sexes qui ne gagne que 35 ou 40 c. jusqu'à l'homme fait qui, à raison