MULHOUSE. — ÉTABLISSEMENTS DE LA MONTAGNE. 1ÎS
fluence. En Angleterre on est allé plus loin, presque jusqu'à l'excès, s'il peut y avoir excès de pareils actes.
Dans le courant de l'été dernier, j'arrivai un jour à Halifax, jolie ville du Wcst-Riding, dans le comté d'York, que sa position au confluent du Calder et du canal de Rochdale a rendue le siège d'un grand mouvement d'industrie et de commerce. Ma première sortie, faite un peu au hasard, m'amena devant un vaste jardin qui de loin s'emparait du regard par un luxe de décorations et de beautés naturelles et artificielles. Sa destination était toute indiquée par une inscription qui figurait sur la porte : PeopWs parle! Parc du peuple. J'entrai. C'était élégant jusqu'à l'affectation ; les fleurs, la verdure, les dispositions des massifs, tout y était bien entendu, bien entretenu. Çà et là des fontaines, des statues, des vases étrusques bordaient les allées et fournissaient des points de perspective; plus loin se montraient des bassins qu'animaient des groupes de cygnes et que peuplaient des poissons aux couleurs variées. 11 me semblait que, dans tous ces détails, la municipalité s'était montrée un peu prodigue et que la physionomie des lieux ne répondait pas à la dédicace. Un parc du peuple, à mon sentiment, ne comportait pas des ornements si recherchés. J'en fis l'observation aux premières personnes avec lesquelles j'eus l'occasion de m'aboucher. — En effet, me répondit-on, il y a un peu d'excès dans tout cela; mais la ville n'y pouvait rien ; ce n'est pas elle qui a fait les frais. — Comment 1 dis-je, et qui donc? — Un manufacturier, et il a bien fallu exécuter les choses comme il l'entendait. C'est en effet un manufacturier, M. John Crossley, qui a enrichi la ville d'Halifax de ce parc du peuple, et voici comment, dans son discours d'inauguration, il expliqua de quelle manière il avait été