MULHOUSE. - ÉTABLISSEMENTS DE LA MONTAGNE
amené à apporter dans ce don une certaine magnificence : « Un matin, dit-il, en septembre 1855, je quittai Québec de bonne heure pour me rendre aux Montagnes- Blanches, et pendant ce voyage les scènes les plus grandioses me passèrent sous les yeux. Une entre autres me frappa. C'était le soir et au milieu des splendeurs d'un coucher de soleil américain, dont rien en ce pays ne peut nous donner une idée, je me sentis comme sous le poids d'une extase et il me sembla que j'étais seul sur la terre avec Dieu. Recueilli devant lui je me demandais : « Que dois-je rendre au Seigneur pour tous les bienfaits qu'il m'a accordés? » La réponse ne se fit pas attendre; il m'était impossible d'emmener tous les déshérités qui habitent mon pays pour les faire jouir de ces merveilles de la création; mais je voulus du moins essayer d'en transporter un souvenir au milieu d'eux. Depuis ce moment aucun obstacle, aucune dépense, n'ont pu me faire reculer devant l'accomplissement de mon projet. »
Qu'il se môle à ce langage et à cet acte un peu de ferveur mystique, qu'on puisse désirer plus de goût dans le don et plus de simplicité dans l'offrande, il n'en reste pas moins au digne manufacturier l'honneur d'avoir achevé à ses seuls dépens une œuvre qui exige ordinairement le concours d'un gouvernement ou d'une ville. Le peuple d'Halifax a son parc et bénira longtemps le nom de l'homme qui le lui a donné.