TARARE. - PERFECTIONNEMENTS DU TISSAGE
ont demandé l'abaissement de ce droit. Il est vrai qu'en même temps ils se plaignaient de la contrebande sur les tissus, eux qui avaient vécu assez longtemps sur la contrebande des filés. Ce sont là des inconséquences si habituelles, si naturelles en matière d'industrie qu'il est superflu de s'y arrêter. Toujours est-il que le procès entre ceux qui fournissaient la matière et ceux qui l'employaient n'a point eu de trêve et que de nombreuses pièces y ont été échangées ; le traité de commerce avec l'Angleterre y a seul rais fin : pour employer un langage familier, les parties ont été renvoyées dos à dos.
Dans cette période de plus d'un demi-siècle, le tissage et les préparations accessoires avaient reçu à Tarare des perfectionnements successifs. Le métier introduitpar Simonet ne pouvait s'appliquer qu'à de petites largeurs ; un prisonnier de guerre, Irlandais d'origine, de passage en 1794, entra par hasard dans un atelier et y vit tisser de la mousseline avec la navette à la main. A l'aide de signes et de quelques mots à peine intelligibles, il donna à comprendre qu'il avait été ouvrier à Glasgow et qu'on y fabriquait par d'autres moyens des étofîes plus larges. On le recueillit, on mit un menuisier à ses ordres. C'était un homme trèsintelligent; il le prouva à l'œuvre. Grâce à lui, la navette à roulettes, la canette conique, dite à défiler, et le battant à ressort devinrent d'un usage général; des pièces de S/4 et 6/4 inconnues jusqu'alors parurent sur les métiers. On devait ces améliorations au bon Mandais, comme on le surnommait. Le digne ouvrier se fixa dans le pays, y vécut de sa navette et y mourut en 48S>8, pauvre comme tous les hommes qui donnent sans compter et servent les autres en s'oubliant eux-mêmes. Un nouveau perfectionnement, dû aux frères Prost de Saint-Symphorien-de-