TARARE. - APPRÊTS
imposée aux titulaires. Ce serait plus conforme, il est vrai, à la lettre de l'institution, qui doit vivre par ellemême ; ce ne serait pas entrer dans son esprit, qui est de mesurer les sacrifices aux facultés. Une participation plus onéreuse aurait pour effet de réduire, parmi les ouvriers, la quantité de ceux qui y consentent , d'atténuer ainsi le bénéfice du nombre et d'arriver, par les éliminations, à cette limite où ces sociétés manqueraient leur objet et seraient frappées d'une irrémédiable impuissance.
Au nombre des établissements que contient la ville, il en est un qui est désigné à la curiosité des voyageurs : c'est celui des apprêts, que dirige M. Mac-Culloch. Ces apprêts étaient, il y a quelques années, répartis entre divers ateliers constamment en lutte et pour la plupart insuffisamment montés. Dans cette concurrence, les prix étaient descendus à des rabais qui laissaient peu de marge aux entrepreneurs. Le grand établissement en souffrait et les petits n'en profitaient guère. M. Mac-Culloçh chercha un remède à cette situation et choisit le plus sûr et le plus onéreux, c'était de se rendre acquéreur de tous les ateliers secondaires pour rester en possession du marché. Son calcul était qu'avant que de nouvelles rivalités se déclarassent, il avait le temps de couvrir par lés profits du monopole les frais de cet accaparement. Il avait une autre pensée, plus généreuse que celle-là, c'était de maintenir à Tarare sa bonne réputation pour les apprêts, qui allait se perdant par une exécution incohérente et médiucre. Ce dernier but a été atteint; l'apprêt s'est relevé en se concentrant dans les mêmes mains ; il est au premier rang en Europe. La réhabilitation est donc complète; seulement il a fallu y mettre le prix. La fabrique paye à Tarare dix centimes ce qui ne coûte que cinq centimes à Glasgow. L'écart est