‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 50 sur 193 · TARARE. — AVENIR DE'LA FARRIQUE · texte numérisé non relu

TARARE. — AVENIR DE'LA FARRIQUE

auront bientôt tranché la question ; on verra à quels résultats ils aboutissent. Il y a à Tarare un peu de répugnance pour les nouveautés; mais la population est trop bien douée pour laisser échapper sa fortune, faute de quelques efforts faits à propos.

On raconte dans le pays que, lorsque Simonet, vieux et infirme, se vit obligé de suspendre son travail et de commencer une liquidation qui devait engloutir son patrimoine, il réunit ses ouvriers pôur prendre congé d'eux.

Cette scène fut simple et touchante : « Mes enfants, leur dit-il, j'avais mon rêve, et j'y ai poussé tant que l'argent et les forces me l'ont permis. Je voulais vous donner une mousseline comme l'Inde même n'en connaît pas; j'y ai échoué. Je voulais vous donner des fils aussi parfaits que ceux de la Suisse; je n'y ai pas trop réussi. Est-ce à dire • qu'on n'y réussira pas? On y réussira, et cela avant peu de temps ; j'ai commencé, d'autres achèveront; j'y ai laissé tout mon bien, d'autres y feront des fortunes. Maintenant écoutez-moi ; vous avez des métiers qui m'appartiennent; gardez-les, je vous les donne; ils vous rendront des services. Je laisse à Tarare le goût de la bonne mousseline ; c'est un goût qui ne lui passera plus. Gardez donc vos métiers, et quand vous les remettrez en mouvement, souvenez-vous des derniers mots de votre vieil ami. »

Simonet avait raison, le germe échappé de ses mains était tombé en bonne terre, et il n'est pas rare de retrouver encore à l'œuvre, dans les chaumières de la montagne, quelques-uns de ces métiers à peignes de jonc que le précurseur de la mousseline leur avait libéralement distribués.

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