‹ Le coton son régime, ses problémes, son influence en EuropeChapitre 7 sur 193 · U ALSACE. — PE1GNEUSE HEILMAN · texte numérisé non relu

U ALSACE. — PE1GNEUSE HEILMAN

L'ancien outillage reste en honneur quoiqu'on le sente dépassé. Il n'y a lieu ni de s'en étonner, ni de s'en plaindre. Il y a, en industrie, deux ressorts qui, dans une mesure différente, influent sur son écon raie et la conduisent où elle doit aller. L'un est l'action de c s esprits remuants, toujours en quête, s'inspirant de ce qui est pour arriver à ce qui reste à découvrir, l'élite et l'honneur d'une profession quand ils n'en sont pas les martyrs. L'autre ressort e?t la nécessité qui contraint, à un moment donné, les plus réfractaires à se mettre au pas des plus hardis et impose pour ainsi dire le mouvement quand commencent les dangers de l'immobilité.

Parmi ces hommes inventifs dont je viens de parler, il en est un auquel, en s'occupant de l'Alsace, on ne saurait sans injustice refuser une mention : c'est Josué Heilman. Ce nom mérite de rester attaché à la filature comme celui de Jacquart l'a été au tissage de la soie. Il est arrivé à Heilman ce qui est arrivé à beaucoup d'auteurs de découvertes, de créer pour autrui sans profit pour lui-même et de mourir pauvre en léguant à la famille industrielle l'élément de beaucoup de fortunes. Il était ingénieur et devint filateur par goût et par vocation ; son penchant l'entraînait vers les études mécaniques. On sait comment tournent, une fois à l'œuvre, de semblables tempéraments. Au lieu de s'en tenir aux instruments qu'il avait sous la main, et qui suffisaient, comme moyens de réussite, à de moins habiles que lui, Heilman imaginait, tentait des combinaisons nouvelles et faisait de sa fabrique un laboratoire d'essais. S'il avait le don de l'invention, il n'avait pas l'esprit des affaires. Aussi dispersait-il son effort de divers côtés, sans aboutir à rien qui lui fût profitable. Des métiers à tisser, des machines à broder, à couper, à métrer le ve-

Page 1