NORD DE LA FRANCE. — CONCLUSIONS
lontiers ses modèles au-dessus de lui. Ainsi quand on lui reproche ses liaisons irrégulières , n'est-il pas fondé à renvoyer l'accusation à ceux qui la portent? Le désir de paraître, le goût des spectacles, les instincts de luxe qui s'emparent de plus en plus de lui, ne sont-ils pas, dans toutes les conditions, le travers dominant? La passion même du cabaret, de toutes la plus funeste, est-elle absolument sans excuse quand on voit la ligne de nos boulevards se convertir d'un bout à l'autre en une longue tabagie? Pourquoi l'ouvrier serait-il si coupable de déserter le soir sa maison quand c'est la manie universelle, et qu'à la vie des salons succède peu à peu la vie des cercles, où se perdent les derniers vestiges d'une société polie? Se sent-on enfln l'esprit assez dégagé, au milieu de l'ostentation qui règne et de prodigalités poussées jusqu'au vertige, pour insister sur un grief qui est habituel à l'ouvrier, le manque de prévoyance et 1 eloignement pour l'épargne? Toutes les remontrances, tous les conseils ne valent pas un bon exemple, et quoi qu'on en ait, la société se met en harmonie avec elle-même. On ne peut pas donner, dans les rangs élevés, le spectacle de mœurs relâchées, de consciences perverties, d'appétits déréglés, sans s'attendre à retrouver en bas, sous une forme plus grossière, les mêmes défaillances, les mêmes désordres et le même abaissement. On ne recueille que ce que l'on a semé.
Dans l'examen que je viens de faire des deux groupes du Nord et de l'Est, j'ai parcouru presque toutes les généralités du sujet qui m'occupe; ma tâche en sera abrégée pour le groupe de l'Ouest, où je me renfermerai dans les traits qui distinguent la Normandie et la Bretagne de l'Alsace et de la Flandre.